Rapport sur une mission botanique exécutée en 1884 dans le nord, le sud et l'ouest de la Tunisie
EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE LA TUNISIE, PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.
BOTANIQUE. RAPPORT SUR UNE MISSION EXÉCUTÉE EN 1884.
EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE LA TUNISIE.
PAR A. LETOURNEUX,
MEMBRE DE LA MISSION DE L’EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE LA TUNISIE, CONSEILLER HONORAIRE À LA COUR D’APPEL D’ALGER, ANCIEN VICE-PRÉSIDENT DE LA COUR INTERNATIONALE D’ALEXANDRIE, OFFICIER DE LA LÉGION D’HONNEUR, ETC.
PARIS. IMPRIMERIE NATIONALE.
M DCCC LXXXVII.
En 1883 la Mission botanique dont je faisais partie et que dirigeait M. le docteur E. Cosson, président de la Commission de l’exploration scientifique de la Tunisie, avait étudié la végétation de la partie septentrionale du pays depuis le littoral nord jusqu’à El-Djem et El-Kef. En 1884, je fus chargé par le Ministre de l’Instruction publique de visiter la région qui s’étend au sud des grands Chotts et de remonter ensuite le long de la zone voisine des Hauts-Plateaux algériens jusqu’au voisinage de Tebessa, tandis que mes collègues, MM. Doûmet-Adanson, Bonnet et Valéry Mayet devaient explorer l’île de Djamour au nord, les îles Kerkenna et de Djerba dans le golfe de la Syrte, ainsi que la région comprise entre Sfax et Gafsa et le nord des grands Chotts. Je devais aussi, en me rendant de Bône à Tunis par terre, faire une herborisation de premier printemps dans la partie supérieure de la vallée de la Medjerda, spécialement à Ghardimaou. Parti d’Alger le 21 mars, avec mon préparateur M. Lecouffe, j’accomplis d’abord cette partie de mon programme avant de gagner Tunis où je fus rejoint par M. Lataste, membre de la mission, chargé de l’étude des animaux vertébrés. Nous profitâmes d’un séjour forcé dans cette ville pour faire une course rapide à Porto-Farina et pour voir le Djebel Reçaç, où M. Doûmet-Adanson avait herborisé en 1874.
C’est pour moi, en terminant, un devoir impérieux de signaler le bienveillant appui qui nous a été prêté aussi bien par M. le Ministre résident, M. Cambon, et par M. d’Estournelles, son secrétaire général, que par M. le général Boulanger, commandant du corps expéditionnaire.