Le Harem entr'ouvert
A.-R. DE LENS
PARIS CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS 3, RUE AUBER, 3
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Copyright, 1919, by Calmann-Lévy.
LE HAREM ENTR’OUVERT
A Chedlïa meurtt Tahar ben Abd el Malek el Trabelsi, ma servante, humble et précieuse collaboratrice, Ce livre qu’elle ne lira pas.
Le caïd Mansour prend le café avec mon mari. Ils sont accroupis tous deux sur le divan, à la mode arabe, et fument en devisant.
Le caïd Mansour est un personnage digne et conscient de sa haute importance. Il est toujours vêtu avec la plus grande recherche. Ses burnous sont en fine laine de Mâteur et ses gebbas aux teintes pâmées : fleur de pêcher, gris tourterelle, mauve de crépuscule, éparpillent autour de lui mille tendres reflets de soie.
Quand il entre, la pièce se parfume d’essences subtiles : ambre, jasmin ou rose.
Le caïd Mansour a des manières exquises et fières. Il me témoigne une déférence infinie, sachant qu’il convient de traiter les Européennes avec plus d’égards et de respect que leurs époux.
— Le salut, Si Mansour !
— Le salut sur toi. Comment vas-tu ?