La flore utile du bassin de la Gambie
ÉTUDE DE BOTANIQUE EXOTIQUE
PAR LE
D r André RANÇON
MÉDECIN DE PREMIÈRE CLASSE DES COLONIES CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR
Extrait du Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux .
BORDEAUX IMPRIMERIE G. GOUNOUILHOU 11, RUE GUIRAUDE, 11
1895
Dessinée par A. M. MARROT. BORDEAUX.
Ce n’est, à notre avis, que par une connaissance approfondie des richesses minières, agricoles et forestières de son sol que l’on peut arriver à se faire une idée exacte de ce que vaut, pour la colonisation, une contrée quelle qu’elle soit. Aujourd’hui que le courage de nos explorateurs et la vaillance de nos soldats nous ont dotés d’un immense empire colonial, il importe d’indiquer à ceux de nos compatriotes qui seraient désireux de contribuer à sa mise en valeur quels sont les produits indigènes dont l’exploitation serait capable de leur donner des résultats rémunérateurs.
Dans un programme d’étude aussi vaste il n’est pas, à notre avis, de travaux, si petits et si insignifiants qu’ils paraissent, qui n’aient leur importance. Aussi avons-nous cru qu’il serait de quelque intérêt de faire une revue rapide de la Flore utile du bassin de la Gambie et de faire connaître les végétaux que l’on peut rencontrer dans ces régions, encore peu explorées, ainsi que le parti que l’on pourrait en retirer pour notre commerce et notre industrie.
Mais, auparavant, quelques détails géographiques et géologiques me semblent indispensables pour bien faire comprendre au lecteur toute l’importance de cette petite portion du vaste continent africain. Dans ce but, je ne crois pas mieux faire que de reproduire ici ce que j’écrivais, il y a déjà un an, dans mon mémoire La France en Gambie , auquel la revue Les Nouvelles géographiques avait bien voulu accorder l’hospitalité de ses colonnes.
La Gambie est, après le Congo, le Niger et le Sénégal, le plus grand fleuve de la côte occidentale d’Afrique. Elle prend sa source dans le pays de Labé, à 30 ou 35 kilomètres au nord de cette grande ville noire, dans les environs du petit village peulh de Orédimmah. Ses sources ont été particulièrement visitées par Hecquart, Bayol et Noirot. Ce n’est d’abord qu’un mince ruisseau, que les indigènes désignent sous le nom de Dimmah . Elle prend rapidement une importance considérable par suite de l’apport des eaux d’un grand nombre de marigots qui descendent du versant est du contrefort que le Fouta-Djallon émet au nord, dans cette région. Les habitants lui donnent alors le nom de Gambia , qui lui reste jusqu’à son embouchure. C’est aussi le nom que lui avaient attribué les premiers voyageurs qui l’ont explorée. Non loin des sources de la Gambie se trouvent celles du Rio Grande , la Comba des indigènes. Quelques kilomètres seulement les séparent l’une de l’autre.