Saint Michel et le Mont-Saint-Michel
SAINT MICHEL ET LE MONT-SAINT-MICHEL Typographie Firmin-Didot.—Mesnil (Eure).
SAINT MICHEL TERRASSANT LE DÉMON.
Tableau de Raphaël peint pour François 1.ᵉʳ (Musée du Louvre)
Reproduction d’après la copie exécutée par J. Romain et appartenant à M. X. Pittet, à Paris.
Photogravure Goupil & C.ⁱᵉ Imp. Goupil & C.ⁱᵉ
Par Mᵍʳ GERMAIN Évêque de Coutances et Avranches M. L’ABBÉ P. M. BRIN, PRÊTRE DE SAINT-SULPICE Directeur au grand séminaire de Coutances Et M. Ed. CORROYER, ARCHITECTE OUVRAGE ILLUSTRÉ D’UNE PHOTOGRAVURE, DE QUATRE CHROMOLITHOGRAPHIES ET DE DEUX CENTS GRAVURES
PARIS LIBRAIRIE DE FIRMIN-DIDOT ET Cᴵᴱ IMPRIMEURS DE L’INSTITUT DE FRANCE 56, RUE JACOB, 56 1880 Tous droits réservés.
AR une admirable loi de cette Providence que Bossuet nous montre constamment attentive au salut des hommes, la gloire de chaque saint éclate à l’heure même du danger; sa physionomie se dévoile aux regards de chaque génération malade; ses vertus apparaissent comme le remède efficace aux plaies qui la dévorent. Oui, à l’heure où la foi languit et s’éteint, où la charité se refroidit, où la corruption menace de tout envahir, Dieu fait un signe et l’on voit apparaître ces agents qu’un écrivain du jour appelle si bien les agents extraordinaires de la vérité, de l’amour et de la sainteté.
Que de fois, pour son propre compte, notre siècle a fait l’expérience de ces délicates attentions de notre Père qui est aux cieux! Notre siècle en effet ne connaît plus la fraternité chrétienne; ses fils vivent en proie à la division, à la haine; ils se consument dans les luttes misérables de l’esprit de parti. Jésus-Christ, pour ranimer parmi eux le feu sacré, leur ouvre la fournaise embrasée d’amour; il leur montre son cœur en disant: «Voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes!» Livré à l’ignominie des sens, ne connaissant plus la pureté que de nom, et ne croyant qu’aux jouissances animales, notre siècle a entendu proclamer l’immaculée conception de la très sainte Mère de Dieu. Affamé d’honneurs, dévoré d’ambition, poursuivant, sans pudeur comme sans dignité, les faveurs et les emplois, tout entier au vertige de l’orgueil, notre siècle a vu monter sur les autels une pauvre et humble bergère, le rebut de l’humanité. Adorateur de la richesse, ennemi de la pauvreté qu’il repousse comme l’insupportable opprobre, notre siècle a vu sous ses yeux la gloire de la sainteté rayonner au front d’un mendiant.