Le comte de Monte-Cristo, Tome IV
Monte-Cristo poussa un cri de joie en voyant les deux jeunes gens ensemble.
«Ah! ah! dit-il. Eh bien, j'espère que tout est fini, éclairci, arrangé?
—Oui, dit Beauchamp, des bruits absurdes qui sont tombés d'eux-mêmes, et, qui maintenant, s'ils se renouvelaient, m'auraient pour premier antagoniste. Ainsi donc, ne parlons plus de cela.
—Albert vous dira, reprit le comte, que c'est le conseil que je lui avais donné. Tenez, ajouta-t-il, vous me voyez au reste achevant la plus exécrable matinée que j'aie jamais passée, je crois.
—Que faites-vous? dit Albert, vous mettez de l'ordre dans vos papiers, ce me semble?
—Dans mes papiers, Dieu merci non! il y a toujours dans mes papiers un ordre merveilleux, attendu que je n'ai pas de papiers, mais dans les papiers de M. Cavalcanti.
—De M. Cavalcanti? demanda Beauchamp.
—Eh oui! ne savez-vous pas que c'est un jeune homme que lance le comte? dit Morcerf.
—Non pas, entendons-nous bien, répondit Monte-Cristo, je ne lance personne, et M. Cavalcanti moins que tout autre.
—Et qui va épouser Mlle Danglars en mon lieu et place; ce qui, continua Albert en essayant de sourire, comme vous pouvez bien vous en douter, mon cher Beauchamp, m'affecte cruellement.
—Comment! Cavalcanti épouse Mlle Danglars? demanda Beauchamp.