Le vicomte de Bragelonne, Tome IV.
(1848 — 1850)
Louis se remit aussitôt pour faire un bon visage à M. de La Fère. Il prévoyait bien que le comte n’arrivait point par hasard. Il sentait vaguement l’importance de cette visite; mais à un homme du ton d’Athos, à un esprit aussi distingué, la première vue ne devait rien offrir de désagréable ou de mal ordonné.
Quand le jeune roi fut assuré d’être calme en apparence, il donna ordre aux huissiers d’introduire le comte.
Quelques minutes après, Athos, en habit de cérémonie, revêtu des ordres que seul il avait le droit de porter à la Cour de France, Athos se présenta d’un air si grave et si solennel, que le roi put juger, du premier coup, s’il s’était ou non trompé dans ses pressentiments.
Louis fit un pas vers le comte et lui tendit avec un sourire une main sur laquelle Athos s’inclina plein de respect.
— Monsieur le comte de La Fère, dit le roi rapidement, vous êtes si rare chez moi, que c’est une très bonne fortune de vous y voir.
Athos s’inclina et répondit:
— Je voudrais avoir le bonheur d’être toujours auprès de Votre Majesté.
Cette réponse, faite sur ce ton, signifiait manifestement: «Je voudrais pouvoir être un des conseillers du roi pour lui épargner des fautes.»
Le roi le sentit, et, décidé devant cet homme à conserver l’avantage du calme avec l’avantage du rang:
— Je vois que vous avez quelque chose à me dire, fit-il.
— Je ne me serais pas, sans cela, permis de me présenter chez Votre Majesté.
Alexandre Dumas
Auguste Maquet
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Table des matières
Chapitre CXCVII — Roi et noblesse
Chapitre CXCVIII — Suite d’orage
Chapitre CXCIX — Heu! miser!
Chapitre CC — Blessures sur blessures
Chapitre CCI — Ce qu’avait deviné Raoul
Chapitre CCII — Trois convives étonnés de souper ensemble
Chapitre CCIII — Ce qui se passait au Louvre pendant le souper de la Bastille
Chapitre CCIV — Rivaux politiques
Chapitre CCV — Où Porthos est convaincu sans avoir compris
Chapitre CCVI — La société de M. de Baisemeaux
Chapitre CCVII — Prisonnier
Chapitre CCVIII — Comment Mouston avait engraissé sans en prévenir Porthos, et des désagréments qui en étaient résultés pour ce digne gentilhomme
Chapitre CCIX — Ce que c’était que messire Jean Percerin
Chapitre CCX — Les échantillons
Chapitre CCXI — Où Molière prit peut-être sa première idée du Bourgeois gentilhomme
Chapitre CCXII — La ruche, les abeilles et le miel
Chapitre CCXIII — Encore un souper à la Bastille
Chapitre CCXIV — Le général de l’ordre
Chapitre CCXV — Le tentateur
Chapitre CCXVI — Couronne et tiare
Chapitre CCXVII — Le château de Vaux-le-Vicomte
Chapitre CCXVIII — Le vin de Melun
Chapitre CCXIX — Nectar et ambroisie
Chapitre CCXX — À Gascon, Gascon et demi
Chapitre CCXXI — Colbert
Chapitre CCXXII — Jalousie
Chapitre CCXXIII — Lèse-majesté
Chapitre CCXXIV — Une nuit à la Bastille
Chapitre CCXXV — L’ombre de M. Fouquet
Chapitre CCXXVI — Le matin
Chapitre CCXXVII — L’ami du roi
Chapitre CCXXVIII — Comment la consigne était respectée à la Bastille
Chapitre CCXXIX — La reconnaissance du roi
Chapitre CCXXX — Le faux roi
Chapitre CCXXXI — Où Porthos croit courir après un duché
Chapitre CCXXXII — Les derniers adieux
Chapitre CCXXXIII — M. de Beaufort
Chapitre CCXXXIV — Préparatifs de départ
Chapitre CCXXXV — L’inventaire de Planchet
Chapitre CCXXXVI — L’inventaire de M. de Beaufort
Chapitre CCXXXVII — Le plat d’argent
Chapitre CCXXXVIII — Captif et geôliers
Chapitre CCXXXIX — Les promesses
Chapitre CCXL — Entre femmes
Chapitre CCXLI — La cène
Chapitre CCXLII — Dans le carrosse de M. Colbert
Chapitre CCXLIII — Les deux gabares
Chapitre CCXLIV — Conseils d’ami
Chapitre CCXLV — Comment le roi Louis XIV joua son petit rôle
Chapitre CCXLVI — Le cheval blanc et le cheval noir
Chapitre CCXLVII — Où l’écureuil tombe, où la couleuvre vole
Chapitre CCXLVIII — Belle-Île-en-Mer
Chapitre CCXLIX — Les explications d’Aramis
Chapitre CCL — Suite des idées du roi et des idées de M. d’Artagnan
Chapitre CCLI — Les aïeux de Porthos
Chapitre CCLII — Le fils de Biscarrat
Chapitre CCLIII — La grotte de Locmaria
Chapitre CCLIV — La grotte
Chapitre CCLV — Un chant d’Homère
Chapitre CCLVI — La mort d’un titan
Chapitre CCLVII — L’épitaphe de Porthos
Chapitre CCLVIII — La ronde de M. de Gesvres
Chapitre CCLIX — Le roi Louis XIV
Chapitre CCLX — Les amis de M. Fouquet
Chapitre CCLXI — Le testament de Porthos
Chapitre CCLXII — La vieillesse d’Athos
Chapitre CCLXIII — Vision d’Athos
Chapitre CCLXIV — L’ange de la mort
Chapitre CCLXV — Bulletin
Chapitre CCLXVI — Le dernier chant du poème
Chapitre CCLXVII — Épilogue
Chapitre CCLXVIII — La mort de M. d’Artagnan