Le Whip-Poor-Will, ou, les pionniers de l'Orégon - Amédée Bouis

Le Whip-Poor-Will, ou, les pionniers de l'Orégon

OU LES PIONNIERS DE L'ORÉGON
Par M. AMÉDÉE BOUIS (AMÉRICAIN)
PARIS. AU COMPTOIR DES IMPRIMEURS-UNIS —COMON ET C ie — 15, quai Malaquais.
1847
Paris.—Imprim. de Lacour, rue St.-Hyacinthe-St.-Michel, 33.
Mais en usant librement de notre droit de critique, n'oublions pas que la forme , dont nous nous soucions si peu aujourd'hui, est le grand écueil pour l'étranger qui écrit notre langue. Aussi M. Bouis, qui est tout-à-fait à l'aise dans le récit et les descriptions, est lourd dans le dialogue; cela s'explique; il craint d'être vulgaire et trivial, et devient doctime et pesant. Les Anglais (et les Américains par conséquent) écrivent comme ils parlent; la langue anglaise est si riche, si énergique, et souffre tant d'inversions et de compositions de termes, qu'on la manie comme l'on veut… Mais nous autres Français, nous avons deux langues; une langue parlée, simple et élégante (quand elle est bien parlée) et une langue écrite, châtiée, prude et travaillée… L'ouvrage de M. Bouis est, en quelque sorte, une invitation qu'il nous envoie de venir visiter les forêts de l'Amérique; il s'offre lui-même pour nous guider dans les déserts de l'Ouest; mais avant de s'y élancer, il croit devoir conjurer les mânes des guerriers sauvages; écoutons:
Le deuxième chapitre du livre (le camp d'Aaron) est écrit avec une grande simplicité de style. L'ouvrage de M. Bouis, comme les écrits de son compatriote, M. Fenimore Cooper, est d'une parfaite moralité; on y respire je ne sais quoi de pudique et d'attrayant, je ne sais quel parfum de vertu. Nous écoutons avec attendrissement les conseils du vieux pionnier, Aaron Percy, à sa jeune famille; il les encourage et leur parle de fermes, récoltes, etc. La petite Jenny est âgée de dix ans, eh bien! elle est déjà bonne ménagère; elle sait qu'en telle saison, telle nourriture convient mieux aux moutons et aux chèvres. Il y a dans ce chapitre un petit tableau champêtre exquis… En un mot, Percy parle à ses enfants comme à des hommes; tout cela nous semble bizarre, à nous autres Français; nous n'aimons pas qu'on entretienne les enfants d'intérêts matériels et qu'on leur fasse tant songer au pot-au-feu: ce qu'il faut à la jeunesse, c'est la poésie, ce sont les nobles sentiments, c'est le dogme de la famille et de la fraternité humaine; soyons vieux le plus tard possible… Mais enfin M. Amédée Bouis a dû peindre les choses comme elles sont; les Américains sont prosaïques et se lancent de bonne heure dans les affaires: «Droit au solide allait Bartholomée.» Faisons la réflexion de la perdrix chez les coqs: «Ce sont leurs mœurs, dit-elle; Jupiter, sur un seul modèle, n'a pas formé tous les peuples …» N'oublions pas qu'Aaron Percy n'ose promettre la main de sa fille à son jeune lieutenant avant de l'avoir consultée, mais il ajoute: «Je doute cependant que Julia refuse… l' annexion .» Le mot fera fortune en Amérique…

Amédée Bouis
О книге

Язык

Французский

Год издания

2018-07-07

Темы

Frontier and pioneer life -- Oregon -- Fiction; Indians of North America -- Oregon -- Fiction

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