Contes pour lire au crépuscule
AVESNES
Vos yeux seront plus beaux quand vous aurez pleuré . . . . . . . . . . . . . . . . . Vous contemplerez mieux ce qui passe et se perd, Et vous saurez enfin, sœur de sa solitude, Goûter le soir qui meurt dans un jardin désert. (Gérard d’Houville, Consolation .)
PARIS LIBRAIRIE ACADÉMIQUE PERRIN ET C ie , LIBRAIRES-ÉDITEURS 35, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 35 1908 Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays.
Published 15 March nineteen hundred and eight. Privilege of Copyright in the United States reserved, under the Act approved March third, nineteen hundred and five by Perrin and C o .
DU MÊME AUTEUR
En préparation :
En face du Soleil Levant. (Quelques opinions chinoises d’aujourd’hui ; les idées de Jean-Jacques Rousseau en Chine. — A propos de Lafcadio Hearn ; le traditionalisme japonais. — En Indo-Chine. — Le Conflit américain japonais et l’Opinion publique américaine.)
IL A ÉTÉ IMPRIMÉ : 10 exemplaires numérotés sur papier de Hollande
« Et quel plus sincère éloge puis-je faire de votre livre que de dire les rêves qu’il m’a donnés ? » (Anatole France, Vie Littéraire . Sur François Coppée).
Je veux dédier ce recueil de contes plutôt tristes aux femmes qui ont passé trente ans et ont aimé.
Ayant traversé déjà beaucoup de choses, probablement souffert, elles auront, j’ose du moins l’espérer, plus d’indulgence que d’autres pour ces nuances d’existence chagrines, cruelles ou tendres, pour ces sentiments dont quelques-uns seraient, au dire des gens sévères, de ceux qu’on n’avoue pas.
A trente ans, une femme possède à la fois le Passé et l’Avenir. Souvent elle a aimé. Toujours elle peut aimer encore. Et — pardon de ce mauvais conseil — aimer plus finement que jamais, aimer avec des délicatesses, des voluptés qu’elle n’aurait point connues à vingt.