Souvenirs de Charles-Henri Baron de Gleichen
Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.
9927.—IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE Rue de Fleurus, 9, à Paris
PRÉCÉDÉS D'UNE NOTICE PAR M. PAUL GRIMBLOT
PARIS LÉON TECHENER FILS, LIBRAIRE
RUE DE L'ARBRE-SEC, 52
M DCCC LXVIII
L a duchesse de Choiseul, qui nous est aujourd'hui si bien connue, a passionnément aimé son mari, nous le savons, et elle n'a jamais aimé que lui, on peut le croire sans témérité. Mais elle se laissait volontiers admirer, adorer, aimer, car elle inspirait à tous ceux qui l'approchaient et qui étaient touchés de sa beauté et de ses vertus, des sentiments qui, pour n'oser s'avouer hautement et se déguiser sous les noms honnêtes d'amitié et de dévouement, ressemblaient à ce que l'on est convenu d'appeler de l'amour. Parmi ces amoureux discrets et délicats se distinguait un étranger, un allemand, le baron de Gleichen, dont il est si souvent fait mention dans les lettres de Mme du Deffand et de la duchesse de Choiseul. Nul ne fut plus que lui, si on excepte l'abbé Barthélemy, sous le charme des attraits irrésistibles de cette femme autant estimable qu'aimable, qui avait toutes les vertus ou peu s'en faut, cela n'est pas douteux, et qui pourtant n'était pas chrétienne, avouons-le au risque de déplaire à ses adorateurs de ce temps-ci.
J'ai ouï dire à de très-bons juges qui, par pure ignorance, ne rendaient pas justice au duc de Choiseul, qu'il était impossible qu'un mari si tendrement aimé par une femme si parfaite ne fût pas estimable. Le duc de Choiseul, quoique, hélas! bien souvent infidèle, était digne de tant d'amour; on n'inspire pas des sentiments tout à la fois si tendres et si passionnés sans les mériter. L'abbé Barthélemy, cet ami si dévoué, s'il vit dans la mémoire des hommes, ce n'est pas pour avoir écrit le Jeune Anacharsis et avoir su le phénicien, c'est uniquement à cause de l'affection qu'avait pour lui la duchesse de Choiseul, et du culte qu'il lui avait voué. Après le grand abbé , Gleichen est sûrement celui qui a le plus aimé la duchesse de Choiseul, et c'est lui sans contredit qui a fait de cette femme rare le portrait le plus ressemblant et aussi le plus flatteur. En revanche, elle lui a donné des marques de la plus véritable affection, et pour le conserver auprès d'elle, dans sa société de tous les jours, le duc de Choiseul, à sa prière, a fait et tenté des choses impossibles.
baron de Charles Henri Gleichen
---
TABLE.
AVERTISSEMENT.
I
FERDINAND VI ET CHARLES III ROIS D'ESPAGNE.
II
LE DUC DE CHOISEUL.
III
IV
LE MASQUE DE FER.
V
NECKER.
VI
JOSEPH II et LÉOPOLD II.
VII
LE PRINCE KAUNITZ.
VIII
MADAME GEOFFRIN ET SA FILLE.
IX
X
LA FAMILLE DE MIRABEAU.
XI
SAINT-GERMAIN.
XII
CAGLIOSTRO.
XIII
LAVATER.
XIV
SAINT-MARTIN.
XV
MADAME DE LA CROIX.
XVI
LES CONVULSIONNAIRES.
XVII
ALCHIMIE.
XVIII
ANECDOTES ET PETITES HISTOIRES.
NOTES: