Mémoires du Baron de Bonnefoux, Capitaine de vaisseau, 1782-1855
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Ce volume a été déposé au ministère de l'Intérieur (section de la librairie) en juin 1900.
PARIS, TYP. PLON-NOURRIT ET C ie , 8, RUE GARANCIÈRE.—1230.
PUBLIÉS AVEC UNE PRÉFACE ET DES NOTES
PAR ÉMILE JOBBÉ-DUVAL PROFESSEUR À LA FACULTÉ DE DROIT DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS
PARIS LIBRAIRIE PLON PLON-NOURRIT et C ie , IMPRIMEURS-ÉDITEURS RUE GARANCIÈRE, 8 1900 Tous droits réservés
De nombreuses générations de marins ont, au cours de ce siècle, étudié les livres du vaillant officier, dont nous publions aujourd'hui les Mémoires . Doué d'un esprit méthodique et clair, il publiait, dès 1824, le premier volume des Séances nautiques ou Traité du navire à la mer , suivi plus tard du Traité du navire dans le port , et apprenait ainsi les éléments de l'art du marin aux jeunes gens désireux d'exercer cette noble profession et que n'avaient pas découragés les revers.
Ce n'était pas seulement comme écrivain que les officiers de la Marine française connaissaient M. de Bonnefoux. À la Compagnie des Élèves de Rochefort, au Collège royal de Marine d'Angoulême, à l'École navale de Brest, beaucoup d'entre eux avaient apprécié, par eux-mêmes, son tact, sa connaissance des hommes, ses qualités d'éducateur.
Les Mémoires présentent le tableau fidèle de la vie de M. de Bonnefoux jusqu'en 1835, vingt ans avant sa mort. Considérée en elle-même et dans ses rapports avec l'histoire de la Marine pendant près de cinquante ans, cette vie ne manque pas d'intérêt. Après les riantes descriptions de Java ou de l'Île-de-France, les sombres tableaux des pontons anglais.
La mère de P.-M.-J. de Bonnefoux, Catherine-Julienne-Gabrielle Valadon, était fille d'un médecin distingué de Béziers, ancien consul et apparenté aux premières familles du pays.
Vint cependant le temps des études qu'il fit à l'École royale militaire de Pont-Le-Voy, où M. de La Tour du Pin, ministre de la Guerre, le fit entrer en qualité d'élève du roi, comme fils d'officier, chevalier de Saint-Louis. P.-M.-J. de Bonnefoux s'y montra élève appliqué et intelligent. Séparé des siens, ne recevant plus d'argent de sa famille ruinée par la Révolution, il n'en travaillait pas moins avec ardeur et se proposait d'achever à Pont-Le-Voy ses humanités, lorsque, vers la fin de 1793, le Gouvernement renvoya du collège les fils d'officiers, au nombre de deux cents.