Voyage en Égypte et en Syrie - Tome 2
PAR C. F. VOLNEY, COMTE ET PAIR DE FRANCE, MEMBRE DE L’ACADÉMIE FRANÇAIS, HONORAIRE DE LA SOCIÉTÉ ASIATIQUE SÉANTE A CALCUTA. TOME DEUXIÈME.
P A R I S, PARMANTIER, LIBRAIRE, RUE DAUPHINE. FROMENT, LIBRAIRE QUAI DES AUGUSTINS. —— M DCCC XXV.
OEUVRES DE C. F. VOLNEY. DEUXIÈME ÉDITION COMPLÈTE. TOME III.
IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT, RUE JACOB Nº 24.
Précis de l’histoire de Dâher, fils d’Omar, qui a commandé à Acre depuis 1750 jusqu’en 1776.
De son côté, Dâher ne s’en imposa pas sur cette bienveillance apparente. Acre qu’il voulait habiter, n’offrait aucune défense; l’ennemi pouvait le surprendre par terre et par mer: il résolut d’y pourvoir. Dès 1750, sous prétexte de se faire bâtir une maison, il construisit à l’angle du nord sur la mer, un palais qu’il munit de canons. Puis, pour protéger le port, il bâtit quelques tours; enfin, il ferma la ville du côté de terre, par un mur auquel il ne laissa que deux portes. Tout cela passa chez les Turcs pour des ouvrages , mais parmi nous on en rirait. Le palais de Dâher avec ses murs hauts et minces, son fossé étroit et ses tours antiques, est incapable de résistance: quatre pièces de campagne renverseraient en deux volées, et les murs et les mauvais canons que l’on a guindés dessus à 50 pieds de hauteur. Le mur de la ville est encore plus faible; il est sans fossé, sans rempart, et n’a pas 3 pieds de profondeur. Dans toute cette partie de l’Asie, on ne connaît ni bastions, ni lignes de défenses, ni chemins couverts, ni remparts, rien en un mot de la fortification moderne. Une frégate montée de trente canons bombarderait toute la côte sans difficulté; mais comme l’ignorance est commune aux assaillants et aux assaillis, la balance reste égale.
D’autre part, Dâher renouvelait ses alliances avec les grandes tribus du désert, chez lesquelles il avait marié ses enfants. Il y voyait plus d’un avantage; car d’abord il s’assurait, en cas de disgrâce, un refuge inviolable. En second lieu, il contenait, par ce moyen, le pacha de Damas, et il se procurait des chevaux de race, dont il eut toujours la passion au plus haut point. Il caressait donc les chaiks d’ Anazé , de Sardié , de Saqr , etc. C’est alors qu’on vit pour la première fois dans Acre ces petits hommes secs et brûles, extraordinaires même aux Syriens. Il leur donnait des armes et des vêtements: pour la première fois aussi le désert vit ses habitants porter des culottes, et au lieu d’arcs et d’arquebuses à mèche, prendre des fusils et des pistolets.
C.-F. Volney
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ÉTAT POLITIQUE DE LA SYRIE.
Constantinople.
Smyrne.
Salonique et ses dépendances.
Morée et dépendances.
La Canée et dépendances.
Satalie et la Caramanie.
Cypre.
Alexandrette et Alep.
Tripoli de Syrie.
Saide, Acre et dépendances.
L’Égypte.
Barbarie, Tripoli.
Tunis.
La Calle, Bone et le Collo, concessions faites à la compagnie d’Afrique.
Alger.
Espèces étrangères portées en Levant.
Lingots et matières d’or.
Caravane.
Le fret.
Marchandises du Levant reportées chez l’étranger.
Commerce des autres Européens en Levant.
PREMIÈRE QUESTION.
SECONDE QUESTION.