La petite Cady
Le Frère 1 vol. La Camarade 1 vol. Les Florifères 1 vol. Mariage rêvé 1 vol. Nos amours, nos vices 1 vol. La Loi de l'amour 1 vol. L'Autel 1 vol. Cady mariée 1 vol. Cady divorcée 1 vol. Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays, y compris la Suède, la Norvège, la Hollande et le Danemark.
Il y a longtemps que l'on a dit et presque prouvé que les préfaces n'étaient jamais lues; pourtant, pour la première fois dans ma vie d'écrivain, je me risque à «parler au lecteur» directement, priant du reste ceux qui auront la curiosité de lire ces lignes de n'en prendre connaissance qu'après avoir lu le volume.
Pendant la publication de la «Petite Cady» dans le Journal, la direction et moi-même nous avons reçu une infinité de lettres de lecteurs, les uns indignés, les autres enthousiasmés.
Après le tri fait des épîtres qui méritent qu'on les étudie et le petit tas des bavures de jaloux, d'êtres insanes ou de vaniteux qui croient reconnaître leur personnage silhouetté dans le roman jeté aux ordures, il demeure un dossier encore respectable d'opinions de gens convaincus.
C'est à ces derniers et à leurs exemplaires similaires qui liront le volume pour la première fois que je m'adresse ici, parce que détracteurs et complimenteurs se trompant également, n'ont point su voir dans mon roman ce qui s'y trouve réellement et le jugent de façon absolument erronée.
Les uns pour le louer, les autres pour le blâmer, ont aperçu dans la succession des chapitres de la «Petite Cady», une sorte de cinématographe raffiné et suggestif ayant uniquement pour but de provoquer chez le lecteur une satisfaction que les uns qualifient d'«artistique» et les autres de «polissonne».
Qu'ils ne s'étonnent pas, si je leur dis que je vois dans cette appréciation l'incapacité d'analyse de beaucoup de lecteurs d'aujourd'hui, qui aiment lire et qui ne savent pas lire, c'est-à-dire qui, faute d'une certaine gymnastique intellectuelle, ignorent l'art de comprendre la pensée d'un écrivain et interprètent un livre à l'aide seule de leur propre pensée et selon leurs propres goûts.