Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)
RECONNAISSANCE AU MAROC
TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT. — MESNIL (EURE).
TIKIRT. — DEMEURE DU CHIKH.
VICOMTE CH. DE FOUCAULD.
OUVRAGE ILLUSTRÉ DE 4 PHOTOGRAVURES ET DE 101 DESSINS D’APRÈS LES CROQUIS DE L’AUTEUR
TEXTE
PARIS CHALLAMEL ET C IE , ÉDITEURS LIBRAIRIE COLONIALE 5, RUE JACOB, ET RUE FURSTENBERG, 2
1888
Au moment de livrer au lecteur le récit de mon voyage, lorsque les événements qui l’ont rempli, les travaux qui l’ont accompagné, passent ensemble devant mes yeux, que de noms, que de choses, que de sensations montent en foule à mon esprit ! Parmi les souvenirs, ceux-ci agréables, ceux-là pénibles, que cet instant évoque, il en est un d’une douceur infinie, un devant lequel tous les autres s’effacent. C’est le souvenir des hommes en qui j’ai trouvé bienveillance, amitié, sympathie, de ceux qui m’ont encouragé, protégé, aidé, dans la préparation de mon voyage, dans son accomplissement, dans les occupations qui l’ont suivi. Les uns sont Français, les autres Marocains ; il en est de chrétiens, il en est de musulmans. Qu’ils me permettent de les unir en un seul groupe pour les remercier tous ensemble et les assurer d’une gratitude trop vive pour que je puisse l’exprimer comme je la sens.
Que celui dont les savantes leçons ont préparé mon voyage, dont les conseils l’ont dirigé, dont la prudence en a organisé l’exécution, que M. O. Mac Carthy, président de la Société de Géographie d’Alger, protecteur-né de quiconque travaille pour la science ou pour la grandeur de notre colonie, reçoive le premier l’hommage de ma profonde reconnaissance.
MM. Maunoir et Duveyrier m’ont encouragé avant mon départ, accueilli à mon retour. Je leur dois la brillante distinction qu’à peine revenu, me décernait la Société de Géographie de Paris. Je ne saurais assez les remercier de leur bienveillance.
Ḥadj Bou Rḥim, Bel Qasem el Hamouzi, qui m’avez, au risque de vos jours, protégé dans le danger, vous à qui je dois la vie, vous dont le souvenir lointain me remplit d’émotion et de tristesse, où êtes-vous à cette heure ? Vivez-vous encore ? Vous reverrai-je jamais ? Comment vous exprimer ma reconnaissance et mon regret de ne pouvoir vous la prouver ?