Introduction aux études historiques
PAR CH.-V. LANGLOIS Chargé de cours à la Sorbonne CH. SEIGNOBOS Maître de conférences à la Sorbonne
PARIS LIBRAIRIE HACHETTE ET C ie 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
1898 Droits de traduction et de reproduction réservés.
A LA MÊME LIBRAIRIE
Coulommiers. — Imp. Paul BRODARD. — 115-97.
Le titre de cet ouvrage est clair. Cependant, il est nécessaire de dire nettement ce que nous avons voulu, et ce que nous n’avons pas voulu faire ; car, sous ce même titre : « Introduction aux études historiques », des livres très différents ont déjà été publiés.
L’ouvrage original le plus considérable qui ait paru en France depuis la publication du répertoire analytique de R. Flint est celui de P. Lacombe, De l’histoire considérée comme science . Paris, 1894, in-8. Cf. Revue critique , 1895, I, p. 132.
Nous nous proposons ici d’examiner les conditions et les procédés, et d’indiquer le caractère et les limites de la connaissance en histoire. Comment arrive-t-on à savoir, du passé, ce qu’il est possible et ce qu’il importe d’en savoir ? Qu’est-ce qu’un document ? Comment traiter les documents en vue de l’œuvre historique ? Qu’est-ce que les faits historiques ? Et comment les grouper pour construire l’œuvre historique ? — Quiconque s’occupe d’histoire pratique, plus ou moins inconsciemment, des opérations compliquées de critique et de construction, d’analyse et de synthèse. Mais les débutants et la plupart des personnes qui n’ont jamais réfléchi sur les principes de la méthode des sciences historiques, emploient, pour effectuer ces opérations, des procédés instinctifs qui, n’étant pas, en général, des procédés rationnels, ne conduisent pas d’ordinaire à une vérité scientifique. Il est donc utile de faire connaître et de justifier logiquement la théorie des procédés vraiment rationnels, assurée dès à présent en quelques-unes de ses parties, encore inachevée sur des points d’une importance capitale.
Ainsi la présente « Introduction aux études historiques » est conçue, non comme un résumé de faits acquis ou comme un système d’idées générales au sujet de l’histoire universelle, mais comme un essai sur la méthode des sciences historiques.