Saint-Pierre & Miquelon - comte de Premio-Real

Saint-Pierre & Miquelon

(Notes de la conférence donnée à l'Institut Canadien, devant la Société Géographique de Québec, le 29 avril 1880, par Son Excellence le comte de Premio-Real, consul-général d'Espagne.)
Traduit en anglais par Crawford Lindsay, premier traducteur anglais à l'Assemblée Législative du Québec.
Combien d'hommes est-il en Europe, voire en Amérique, parmi ceux mêmes qui ont des prétentions à un certain savoir, combien, dis-je, en est-il, qui ignorent jusqu'au nom de ces trois petites îles perdues sur les côtes de Terre-Neuve, ce colosse dont elles sont les humbles satellites.
Combien de français même à qui leur nom est inconnu, ou dans l'esprit desquels elles n'éveillent qu'une idée vague, presque insaisissable, pareille au lointain murmure des eaux de l'Océan, arrivant presque imperceptible aux oreilles du paysan qui habite l'intérieur.
Et cependant ces trois îlots sont les épaves d'un empire immense, qui s'étendait jadis des terres polaires aux bouches du Mississipi, le puissant père des eaux. Elles formaient autrefois une partie infime de ce vaste domaine que les fils de Saint Louis ont fécondé de leurs sueurs et de leur sang, mais qu'ils se sont laissé enlever, après l'avoir ouvert à la civilisation, par un adversaire vigilant et pratique.
Sur ces humbles rocs où flotte le drapeau tricolore, habite tout un petit monde de pêcheurs endurcis par l'âpre haleine des bises glaciales du pôle. Ce petit coin de terre qui semble au premier abord ne pouvoir être habité, voit fourmiller autour de lui une richesse naturelle intarissable, je veux dire ces bancs de morues et de harengs plus précieux que l'argent et l'or, et qui ont donné à un petit pays, la Hollande, l'existence d'abord, l'opulence ensuite, la puissance enfin à un certain moment de son histoire.
Qu'on ne soit donc point surpris du ton lyrique de ce début. Les îles Saint-Pierre et Miquelon ont vu passer tous les navigateurs célèbres qui ont découvert ou exploré le Canada. C'est de leurs eaux que la France tire une partie importante de son alimentation. C'est vers leurs ports que l'Espagne envoie tous les ans des quantités énormes de sel pour conserver les dons précieux de la mer. C'est là que, dans la belle saison, des centaines de navires et de bateaux, et des milliers de pêcheurs français vont récolter pour leur patrie une moisson toujours abondante, et se former au rude métier de matelot.

comte de Premio-Real
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Язык

Французский

Год издания

2005-02-22

Темы

Saint Pierre and Miquelon

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