Le roman de la rose - Tome I
«Encore vaudroit-il mieux, comme un bon bourgeois ou citoyen, rechercher et faire un lexicon des vieils mots d'Artus, Lancelot et Gauvain, ou commenter le Romant de la Rose , que s'amuser à je ne sçay quelle grammaire latine qui a passé son temps.» (RONSARD.)
LE XIX e SIÈCLE. Qui donc t'a donné, bel enfant, Cette fleur toute fraîche éclose? Je suis déjà vieux, et pourtant Jamais ne vis si belle Rose . Quel éclat, quelle douce odeur! De la Nuit, sur sa tige verte, Scintille encore un tendre pleur, Et là, sur sa lèvre entr'ouverte . Parmi ce jardin radieux Que chaque jour fleurit l'Aurore, Que n'ai-je l'arbre merveilleux Qui fit si belle fleur éclore! Dessus ses rameaux vigoureux Greffant mes délicates entes, Je verrais son suc généreux Régénérer mes frêles plantes .
L'AMOUR. C'est que vous ne connaissez pas, O vieillard, toutes vos richesses. Aux jeunes plantes pourquoi, las! Prodiguer toutes vos caresses? Voyez là-bas ce vieux buisson, Mais toujours vert, toujours vivace; C'est là que j'ai le doux bouton Cueilli qui tous les autres passe . LE XIX e SIÈCLE. Quoi! dans ce vieux jardin françois Où je vois jeter tant de pierres, Où nul ne pénétra, je crois, Depuis la mort de mes grands-pères? L'AMOUR. Là dort, sous ces durs églantiers, Mainte fleur mille fois plus belle Que de tous vos jeunes rosiers La plus gente et la plus nouvelle .
Permettez-moi, cher maître, de vous dédier cette édition du Roman de la Rose , qui, sans vous, n'eût jamais vu le jour. Vous avez daigné jeter un regard favorable sur ce premier essai de ma muse, et c'est votre bonté toute paternelle qui a soutenu jusqu'au bout ses pas hésitants. Vous seul connaissez mes longs ennuis, mes labeurs et ma persévérance pour arriver au but tant désiré. Comme à l'Amant, le hideux Danger, la blême Peur et la rouge Honte m'ont barré bien souvent la voie. Mais Ami me réconfortait et m'engageait à poursuivre ma route, jusqu'à ce que je pusse enfin cueillir la Rose. Ami, c'était vous, et maintenant que j'ai cueilli le divin bouton, je vous en offre les prémices, mon cher maître; car, vous le savez, mon coeur est toujours resté vôtre, et
de Lorris Guillaume
de Meun Jean
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LE ROMAN DE LA ROSE
par
GUILLAUME DE LORRIS
et
JEAN DE MEUNG
par
PIERRE MARTEAU
TOME I
INTRODUCTION AU ROMAN DE LA ROSE.
NOTICE SUR LES DEUX AUTEURS DU ROMAN DE LA ROSE.
ANALYSE DU ROMAN DE LA ROSE.
ANALYSE SOMMAIRE.
ANALYSE DÉTAILLÉE.
CONCLUSION.
OPINIONS DES CRITIQUES.
VIE DE JEAN DE MEUNG
NOTES:
LE ROMAN DE LA ROSE
LE ROMAN DE LA ROSE
NOTES DU PREMIER VOLUME.