Le Turco
EDMOND ABOUT
Le bal des artistes — Le poivre L’ouverture au château — Tout Paris — La chambre d’ami Chasse allemande — L’inspection générale Les cinq perles
DEUXIÈME ÉDITION
PARIS LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C ie BOULEVARD SAINT-GERMAIN, N o 77
1867 Tous droits réservés
IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE Rue de Fleurus, 9, à Paris
A MONSIEUR THÉODORE JUNG Capitaine d’état-major
Témoignage de reconnaissance et d’amitié.
E. A.
Ce que vous allez lire est une histoire du café d’Orsay.
Hier soir à cinq heures, le gabion était farci. Le gabion, afin qu’on n’en ignore, est une salle du rez-de-chaussée où nous prenons l’absinthe entre nous. Nous étions une vingtaine d’officiers ; l’artillerie dominait, l’état-major était représenté par le grand capitaine Brunner ; il y avait passablement de cavalerie et un peu de ce que nous appelons (toujours entre nous) « le génie bienfaisant. »
Gougeon, des guides, racontait le dernier concert des Tuileries et se montait insensiblement la tête pour Mlle Nillson, lorsque Brunner lui coupa la parole au ras de la moustache par un formidable éclat de rire. Tout le monde ouvrit l’œil, et Gougeon, qui n’est pas commode, devint pâle comme un mouchoir.