Le Chat du Neptune - Ernest d' Hervilly

Le Chat du Neptune

C'était à bord du steamer Neptune .
Nous avions le cap sur le Havre, venant de New-York.
Un jour, au coucher du soleil, nous nous trouvions alors à 200 milles de la côte française (le mille marin, mes enfants, vaut 1,852 mètres ; calculez), le matelot en vigie signala :
— Navire à tribord !
A ce cri, tout le monde regarda par-dessus les bastingages, à la droite du Neptune .
A l'œil nu, il était difficile de rien distinguer sur l'immense surface circulaire, très houleuse, au centre de laquelle nous nous trouvions.
Mais, avec les lunettes, on voyait effectivement à tribord, c'est-à-dire sur notre droite, une masse sombre que les plus inexpérimentés des passagers, parmi lesquels je me hâte de me compter, n'auraient sans doute pas hésité à reconnaître du premier coup pour un bâtiment en détresse, tout comme le faisaient les plus petits mousses du Neptune , si cette lointaine masse noirâtre, qui semblait à chaque instant s'enfoncer pour jamais dans la mer, avait eu seulement un pauvre petit mât.
Mais il n'avait ni petit ni grand mât, le navire annoncé à tribord !
Il n'avait plus que des tronçons brisés qu'apercevaient seuls les yeux experts des marins.
Et c'était l'épave errante et déserte d'un brick désemparé que son équipage avait abandonné à son triste sort, à la suite de quelque tempête, cinq ou six jours auparavant.
Nous apprîmes cela, deux heures après la découverte du vaisseau perdu, de la bouche même d'un officier du Neptune que notre commandant, bien que sans grand espoir, avait aussitôt envoyé, avec un canot armé de tout ce qui est nécessaire en pareille expédition, pour s'assurer de l'état du bâtiment inconnu et pour recueillir les malheureux qu'il pouvait peut-être contenir encore.

Ernest d' Hervilly
О книге

Язык

Французский

Год издания

2003-11-01

Темы

French fiction -- 19th century

Reload 🗙