Histoire ancienne de l'Orient jusqu'aux guerres médiques (1/6) / I. Les origines, les races et les langues
Revue, corrigée, considérablement augmentée et illustrée de nombreuses figures d'après les monuments antiques.
PARIS A. LÉVY, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 13, RUE LAFAYETTE (PRÈS L'OPÉRA)
Le fait dominant des cinquante dernières années, dans l'ordre scientifique, a été certainement la rénovation des études de l'histoire et surtout la conquête du vieux passé de l'Orient par la critique moderne, armée du flambeau qui fait pénétrer la lumière jusque dans les plus obscurs replis de ces annales pendant si longtemps ensevelies dans l'oubli.
Il y a seulement un demi-siècle, on ne connaissait guère de l'ancien monde que les Romains et les Grecs. Habitués à voir dans ces deux grands peuples les représentants de la civilisation antique, on consentait sans peine à ignorer ce qui s'était passé en dehors de la Grèce et de l'Italie. Il était à peu près convenu qu'on n'entrait dans le domaine de l'histoire positive que quand on avait mis le pied sur le sol de l'Europe.
On savait cependant que, dans cette immense contrée qui s'étend entre le Nil et l'Indus, il y avait eu de grands centres de civilisation, des monarchies embrassant de vastes territoires et d'innombrables tribus, des capitales plus étendues que nos capitales modernes de l'Occident, des palais aussi somptueux que ceux de nos rois; et de vagues traditions disaient que leurs orgueilleux fondateurs y avaient retracé la pompeuse histoire de leurs actions. On savait également que ces vieux peuples de l'Asie avaient laissé des traces puissantes de leur passage sur la terre. Des débris amoncelés dans le désert et sur le rivage des fleuves, des temples, des pyramides, des monuments de toute sorte recouverts d'inscriptions présentant des caractères étranges, inconnus; tout ce que racontaient les voyageurs qui avaient visité ces contrées attestait un grand développement de culture sociale. Mais cette grandeur apparaissait à travers des ruines ou dans les récits incomplets des historiens grecs, et dans quelques passages de la Bible. Et comme, dans ce monde primitif de l'Orient, tout revêt des proportions colossales, on était naturellement disposé à croire que la fiction occupait une grande place dans les récits de la Bible et dans les pages d'Hérodote.
François Lenormant
HISTOIRE ANCIENNE
DE L'ORIENT
JUSQU'AUX GUERRES MÉDIQUES
FRANÇOIS LENORMANT
Ouvrage couronné par l'Académie Française
NEUVIÈME ÉDITION
1881
PRÉFACE
PRÉFACE
PRÉFACE
LIVRE PREMIER
LES ORIGINES
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
LIVRE II
LES RACES ET LES LANGUES
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
TABLES DU TOME PREMIER
TABLE DES GRAVURES
TABLE
TABLE DES MATIÈRES