Lettres du prince de Metternich à la comtesse de Lieven, 1818-1819
Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.
Cette version intègre la correction de l'erratum.
LETTRES DU PRINCE DE METTERNICH A LA COMTESSE DE LIEVEN 1818-1819 Publiées, avec une introduction, une conclusion et des notes PAR JEAN HANOTEAU
Préface de M. Arthur Chuquet, membre de l'Institut
PARIS LIBRAIRIE PLON PLON-NOURRIT ET C ie , IMPRIMEURS-ÉDITEURS 8, RUE GARANCIÈRE—6 e
1909 Tous droits réservés
Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays.
Published 21 October 1908.
Privilege of copyright in the United States reserved under the Act approved March 3 d 1905 by Plon-Nourrit et C ie .
Mme de Lieven, femme de l'ambassadeur de Russie à Londres, fut en 1818, durant le congrès d'Aix-la-Chapelle, la maîtresse de Metternich. Le 22 octobre, dans le salon de Nesselrode, les deux personnages firent connaissance. Jusqu'alors Metternich n'était pour Mme de Lieven qu'un homme froid, intimidant, désagréable, et elle n'était pour lui qu'une grande femme maigre et indiscrète. Ce jour-là Mme de Lieven et Metternich s'apprécient: Metternich pense que la dame n'est pas vulgaire et la dame juge Metternich aimable. Le 25, excursion à Spa et déjeuner à Henrichapelle; le charme opère; les deux diplomates changent de voiture pour ne pas se quitter, et le chemin paraît court à Metternich. Le 28, visite du ministre à l'ambassadrice; pendant une heure il reste assis à ses pieds. Puis, les Lieven se rendent à Bruxelles. Le 13 novembre, ils sont de nouveau à Aix-la-Chapelle. Le 14, écrit plus tard Metternich à Mme de Lieven, «tu es venue dans ma loge, tu as eu la fièvre, tu m'as appartenu!» C'était aller vite en besogne, et le siège ne fut pas long. Mais Metternich savait être pressant et Mme de Lieven avait déjà capitulé plus d'une fois: «Tu as fait des choix, lui disait galamment Metternich, et tu as été trompée; quelle est la femme qui ne l'a pas été?»