Clovis, Tome 2 (of 2)
Les Origines de la Civilisation moderne, 4 e édition. Paris, Retaux, 1898, 2 volumes in-8º de XII-326 et 354 pages. Ouvrage couronné par l'Académie royale de Belgique 8 fr.
Histoire poétique des Mérovingiens, Paris, Picard, 1893. 1 volume in-8º de 552 pages. Ouvrage couronné par l'Académie royale de Belgique 10 fr.
La Frontière linguistique en Belgique et dans le Nord de la France. Bruxelles, Schepens, 1896-1898. 2 volumes in-8º de 588 et 156 pages, avec une carte. Ouvrage couronné par l'Académie royale de Belgique 12 fr.
Sainte Clotilde, 6 e édition. Paris, Lecoffre, 1900. (Dans la collection Les Saints .) 1 volume in-12 de 182 pages 2 fr.
L'Église aux tournants de l'Histoire. Bruxelles, Schepens, 1900. 1 volume in-8º de 154 pages 3 fr.
EMILE COLIN, IMPRIMERIE DE LAGNY (S.-ET-M.)
G. K.
Ainsi, comme leurs voisins les Alamans, les Burgondes ne parvinrent pas à se procurer le grand débouché de l'Océan: ils restèrent, pour leur malheur, un peuple sans issue. Ils avaient, il est vrai, élargi leur domaine primitif. Après Mauriac, l'heure avait sonné où quiconque voulait mettre la main sur l'héritage de Rome en avait emporté sa part. Les Burgondes avaient pu s'étendre du côté du sud jusqu'à Avignon, de l'est jusqu'à Windisch, du nord jusqu'à Besançon, à Langres et à Dijon. Ils n'allèrent jamais plus loin, parce qu'ils ne surent pas profiter des occasions propices. Non qu'ils manquassent d'ambition, ou qu'ils fussent exempts de l'âpre passion du barbare pour la terre romaine et pour le butin. Mais ils n'avaient ni le génie militaire ni l'esprit politique de leurs puissants congénères. Lorsque la guerre d'Odoacre et de Théodoric éclata dans leur voisinage, elle leur offrit une occasion unique d'intervenir comme arbitres souverains entre les deux adversaires. Au lieu de cela, ils se contentèrent de tomber en pillards sur la haute Italie, où ils allèrent chercher du butin et des captifs. Après quoi ils furent trop heureux, lorsque finalement Théodoric fut resté le maître, d'obtenir la main de sa fille pour leur prince Sigismond. C'est ainsi qu'ils devinrent presque les vassaux du dernier venu de l'invasion, eux qui avaient vu, à plusieurs reprises, les destinées de la Gaule et de l'Italie entre leurs mains. Si l'on ajoute que la Burgondie, pas plus qu'aucun autre royaume barbare, n'échappa aux inconvénients du partage forcé, ce fléau de toutes les monarchies germaniques, on aura l'idée achevée d'une nation sans frontières naturelles, sans unité morale, resserrée entre trois voisins également redoutables, et privée de boussole au milieu des incertitudes de ce temps agité.
Godefroid Kurth
CLOVIS
DU MÊME AUTEUR
GODEFROID KURTH
CLOVIS
TOME II
TABLE DES MATIÈRES
DU TOME SECOND
GODEFROID KURTH
CLOVIS
TOME II
CLOVIS
LIVRE IV
I
LA GUERRE DE BURGONDIE
II
CLOVIS ATTENDU EN AQUITAINE
III
LA CONQUÊTE DE L'AQUITAINE
IV
LA GUERRE DE PROVENCE
V
L'ANNEXION DU ROYAUME DES RIPUAIRES
VI
LE CONCILE D'ORLÉANS
VII
CLOVIS ET L'ÉGLISE
VIII
DERNIERS JOURS ET MORT DE CLOVIS
IX
CONCLUSION
APPENDICES
I
LES SOURCES DE L'HISTOIRE DE CLOVIS
II
LA CONTROVERSE SUR LE BAPTÊME DE CLOVIS
III
LE LIEU DU BAPTÊME DE CLOVIS
TABLE DES NOMS PROPRES
CITÉS DANS LE SECOND VOLUME
FIN