Nouvelle relation de l'itinéraire de Napoléon, de Fontainebleau à l'Île d'Elbe - Graf von Friedrich Ludwig Truchsess Waldburg - Livre

Nouvelle relation de l'itinéraire de Napoléon, de Fontainebleau à l'Île d'Elbe

RÉDIGÉ
COMMISSAIRE NOMMÉ, PAR S. M. LE ROI DE PRUSSE, POUR L'ACCOMPAGNER. OUVRAGE TRADUIT DE L'ALLEMAND, Sous les yeux de l'Auteur, et augmenté de plusieurs faits qui ne sont pas dans l'original.
PARIS,
1815.
DE L'IMPRIMERIE DE C. L. F. PANCKOUCKE.

Commissaire nommé par S. M. le roi de Prusse, pour accompagner Napoléon Buonaparte.
Ce jour même était fixé pour le départ; mais Napoléon trouva un prétexte pour le différer, parce que, disait-il, il ne voulait pas suivre la route d'Auxerre, Lyon, Grenoble, Gap et Digne, mais celle de Briare, Roanne, Lyon, Valence et Avignon. Le général Bertrand fut chargé de nous faire cette demande, et de la motiver sur ce que le chemin indiqué était trop mauvais pour les voitures et pour sa garde dont, suivant le traité, Napoléon devait être accompagné; et parce que, de plus, ses équipages, venus d'Orléans, s'étaient déjà dirigés sur Briare et l'y attendaient; il y devait changer de voiture, et trouver pour le voyage beaucoup de facilités, dont il était privé en ce moment.
Le 19, l'Empereur fit venir le duc de Bassano; dans le cours de la conversation nous remarquâmes ces mots: On vous reproche de m'avoir constamment empêché de faire la paix: qu'en dites-vous? Le duc de Bassano lui répondit: «Votre Majesté sait très-bien qu'elle ne m'a jamais consulté, et qu'elle a toujours agi d'après sa propre sagesse, sans prendre conseil des personnes qui l'entouraient: je ne me suis donc pas trouvé dans le cas de lui en donner, mais seulement d'obéir à ses ordres.» Je le sais bien , dit l'Empereur satisfait, mais je vous en parle, pour vous faire connaître l'opinion qu'on a de vous .
Les généraux Bertrand et Drouot furent les seuls qui l'accompagnèrent pour rester avec lui et partager son sort. Le général Lefebvre-Desnouettes alla l'attendre à Nevers, et ce fut là qu'il prit congé de lui.
Le 20 avril, à dix heures du matin, toutes les voitures étaient prêtes dans la cour du château de Fontainebleau, lorsque l'Empereur fit venir le général Koller, et lui dit ces mots: J'ai réfléchi sur ce qui me restait à faire, je me suis décidé à ne pas partir. Les alliés ne sont pas fidèles aux engagemens qu'ils ont pris avec moi; je puis donc aussi révoquer mon abdication, qui n'était toujours que conditionnelle. Plus de mille adresses me sont parvenues cette nuit: l'on m'y conjure de reprendre les rênes du gouvernement. Je n'avais renoncé à tous mes droits à la couronne que pour épargner à la France les horreurs d'une guerre civile, n'ayant jamais eu d'autre but que sa gloire et son bonheur; mais, connaissant aujourd'hui le mécontentement qu'inspirent les mesures prises par le nouveau gouvernement; voyant de quelle manière on remplit les promesses qui m'ont été faites, je puis expliquer maintenant à mes gardes quels sont les motifs qui me font révoquer mon abdication, et je verrai comment on m'arrachera le coeur de mes vieux soldats. Il est vrai que le nombre des troupes sur lesquelles je pourrai compter, n'excédera guère 30,000 hommes; mais il me sera facile de les porter en peu de jours jusqu'à 130,000. Sachez que je pourrai tout aussi bien, sans compromettre mon honneur, dire à mes gardes que, ne considérant que le repos et le bonheur de la patrie, je renonce à tous mes droits, et les exhorte à suivre, ainsi que moi, le voeu de la nation.

Graf von Friedrich Ludwig Truchsess Waldburg
О книге

Язык

Французский

Год издания

2007-01-15

Темы

Napoleon I, Emperor of the French, 1769-1821 -- Contemporaries

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