Le lion du désert: Scènes de la vie indienne dans les prairies - Gustave Aimard - Livre

Le lion du désert: Scènes de la vie indienne dans les prairies

Le presidio de Santa Fé, le poste le plus avancé que possèdent les Mexicains dans la province de Sonora, est bâti au milieu d'une plaine riante et fertile. Une de ses faces occupe l'ouverture du coude que forme une petite rivière; il est ceint naturellement par les murs de pierre des habitations dont il est bordé; l'entrée de chaque rue est fermée par des pieux qui font palissade, et, comme dans la plupart des pueblos (villages) de l'Amérique du Sud, les maisons, élevées d'un étage, sont couvertes en terrasse de terre bien battue, ce qui est un abri suffisant dans ce beau pays où le ciel est toujours pur. Au temps de la domination espagnole, Santa Fé jouissait d'une certaine importance, grâce à sa position stratégique qui lui permettait de se défendre facilement contre les incursions des Indiens; mais, depuis l'émancipation du Mexique, ce pueblo, comme tous les autres centres de population de ce malheureux pays, a vu sa splendeur s'évanouir à jamais; et, malgré la fertilité de son sol et la magnificence de son climat, il est entré dans une ère de décadence telle, que le jour est prochain où ce ne sera plus qu'une ruine inhabitée; en un mot, ce bourg, qui comptait, il y a cinquante ans, plus de trois mille habitants, en possède aujourd'hui quatre cents à peine, rongés par les fièvres et la plus honteuse misère.
Or, le 5 mars 1855, jour où commence cette histoire, entre trois et quatre heures du soir, deux cavaliers bien montés entraient au grand trot dans le presidio.
Son compagnon portait un costume à peu près semblable au sien. C'était un grave et long personnage à la figure taillée en fer de hache, et qui répondait au nom de don Juan Venado.
Règle générale en Amérique: depuis la guerre de l'indépendance, tout le monde a le droit au don.
—Que vous ai-je annoncé, señor Venado? dit d'un ton satisfait don López à son compagnon; vous le voyez, nous arrivons juste au bon moment: personne n'est là pour nous espionner.
—Qui sait? répondit l'autre; croyez-moi, señor don López, dans les villes il y a toujours quelqu'un aux aguets pour voir ce qui ne le regarde pas, et en rendre compte à sa manière.

Gustave Aimard
О книге

Язык

Французский

Год издания

2013-10-10

Темы

Fiction

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