Ce que disait la flamme

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Ce que disait la flamme…
1913
De tous les genres de littérature cultivés au Canada, c'est celui de la fiction qui rapporte le moins. Aussi, faut-il avoir le culte des lettres poussé jusqu'à la passion pour s'y livrer. A vrai dire, il n'y a que dans le journalisme qu'on ait réussi à vivre chez nous la plume à la main. Et encore, si l'annonce ne venait pas à la rescousse, la pauvrette aurait une existence bien précaire.
L'histoire vit plus longtemps que le roman sans payer davantage, non à cause de sa valeur supérieure au point de vue du style mais il se trouve, d'une génération à l'autre, un petit nombre d'individus disposés à s'instruire sur les choses de leur pays, et c'est ce qui assure à l'histoire une certaine pérennité. Il est dans la destinée du roman canadien de lutter contre un ennemi formidable: l'oeuvre des Balsac, des Daudet, des Bourget et autres… La vogue de nos romans s'est montrée, pour cette raison, bien transitoire. Qui demande encore, à la Bibliothèque du Parlement, Charles Guérin , L'Intendant Bigot , Le Chevalier de Mornac , oeuvres de valeur assurément. Ils ne sont guère recherchés que par les bibliophiles et les bouquinistes, en général plus familiers avec les titres de leurs trésors qu'avec le fond. Le roman canadien le plus lu est encore Les anciens Canadiens de M. de Gaspé. Cette oeuvre du vieux conteur conserve un grand attrait, grâce à ses reflets d'histoire de notre pays qui lui prêtent leur charme.
Certains qui ne sont pas du métier prétendent qu'un écrivain devrait se contenter, pour prix de son effort, de la gloire que procurent les lettres. Il faut bien souvent se résigner au Canada à cette compensation. Cependant, n'est-on pas fondé à répondre comme l'autre: travailler pour acquérir une renommée flatteuse, ç'a m'irait très-bien, s'il ne fallait pas payer mon dîner trois cent soixante-cinq fois par année.
Il convient donc de marquer un bon point aux Canadiens qui se livrent à la littérature d'imagination, comme M. Hector Bernier qui, malgré sa jeunesse, vient de signer de son nom un deuxième volume. Et il faut qu'il ait une vocation littéraire sincère pour revenir devant le public après l'abattage auquel avait donné lieu son début: Au large de l'Écueil . Par contre, plusieurs littérateurs de Montréal et de Québec ont encouragé son effort. Y a-t-il eu, dans ce conflit d'appréciations, excès de part et d'autre?

Hector Bernier
О книге

Язык

Французский

Год издания

2004-12-20

Темы

French-Canadian fiction

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