Evangeline: Traduction du poème Acadien de Longfellow - Henry Wadsworth Longfellow

Evangeline: Traduction du poème Acadien de Longfellow

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1870
La critique m'ayant montré quelques taches dans ma première traduction d'Evangéline, j'avais à coeur de retoucher, de polir, de perfectionner mon oeuvre. Cependant je ne me serais probablement pas décidé à la livrer de nouveau au public assez indifférent, si je n'avais été sollicité par un homme que je vénère beaucoup, et que j'appellerai avec raison mon Mécène, puisqu'il m'a protégé depuis longtemps avec fidélité.
Je n'ai jamais prétendu faire une traduction tout à fait littérale. J'ai un peu suivi mon caprice. Parfois j'ai ajouté, j'ai retranché parfois; mais plutôt dans les paroles que dans les idées. J'ai respecté partout les sentiments du poète américain. Dans cette deuxième édition, j'ai rendu la vie à Evangéline que, dans ma première traduction, j'avais laissé mourir, par pitié, en même temps que son Gabriel.
Je devais publier à Paris cette nouvelle édition du poème Acadien. Cependant pour des raisons qu'il serait au moins superflu de raconter à mes bienveillants lecteurs, j'ai dû rappeler mes humbles manuscrits au foyer paternel. Je ne me flattais pas d'éblouir le monde parisien, bien qu'aujourd'hui les grands poètes de la France soient à peu près tous rentrés sous terre, et que ceux qui survivent ne volent pas toujours très-haut. Je connais assez les préjugés des petits-neveux d'outre-mer de mes ancêtres, et leur antipathie pour tout ce qui n'est pas français, pour savoir que le barde sauvage des bords lointains du St. Laurent n'aurait pas, un seul instant, suspendu la foule parisienne aux accords de son luth.
J'aurais été flatté tout de même de voir la Patrie de mes Pères se tourner vers cette rive Canadienne où un million de ses enfants conservent encore sa foi, sa langue et ses coutumes, et lui donner un sourire de reconnaissance.
Si mon livre a du mérite, mérite est dû à mon amour de cette langue, de cette foi, de ces coutumes que la France nous a léguées, seul héritage que nul n'a pu nous ravir! Il est dû aussi à l'intérêt que je porte à l'Acadie, cette soeur du Canada si indignement traitée par ses vainqueurs.

Henry Wadsworth Longfellow
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О книге

Язык

Французский

Год издания

2007-03-24

Темы

Acadians -- Poetry; American poetry -- Translations into French

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