Scènes de la vie Hollandaise, par Hildebrand - Hildebrand

Scènes de la vie Hollandaise, par Hildebrand

Une triste introduction.
Qui ne connaît, cette terrible maladie qu'on a coutume de désigner par le nom redouté de fièvre nerveuse? Qui n'a vu succomber sous son étreinte quelqu'un de ceux qui lui sont chers? Qui n'a assisté à cette affreuse lutte dans laquelle les nerfs et les vaisseaux se disputent l'avantage jusqu'à ce que le patient, le plus souvent, hélas! succombe sous l'effort? Quant à moi, ce mal formidable me rappelle maint triste souvenir. Je vois encore ces malades, les yeux éteints, les lèvres noircies, les mains desséchées comme du cuir, les doigts dans une perpétuelle agitation. Ils sont présents à mon esprit, tels que je les ai vus autrefois, plongés dans un morne et sinistre délire, silencieusement préoccupés de leurs visions, puis se relevant tout à coup dans leur lit, avec une force qu'on ne leur eût plus soupçonnée, pour se tordre ensuite en proie à des angoisses où l'animal l'emporte sur l'être intelligent. Je les vois encore dans cette fatale apathie, dans ces tristes intervalles de lucidité qui présagent la mort prochaine. Je vois encore ce lugubre appareil de sinapismes pour produire un effet révulsif, ces couvertures mouillées destinées à empêcher le retour de la crise, cette brusque et saisissante transition des débilitants aux excitants. Je sens encore le camphre et le musc gui, d'ordinaire, épouvantent si fort les assistants. J'éprouve encore cette déchirante incertitude entre l'espérance et la crainte, cette anxiété dans laquelle vous jette le commencement de chaque nuit, cet ardent désir de voir reparaître le jour, de voir arriver le médecin. J'entends encore ceux qui tiennent de près au malade demander mille fois si ce n'est pas la crise qui vient de se produire, nourrir les déplorables illusions qu'ils se créent eux-mêmes, en se félicitant de signes qui leur semblent à eux de bon augure, en regardant le médecin comme un songe-creux, en interprétant ses paroles conformément à leurs espérances,—et cela jusqu'à ce qu'enfin,—mais toujours sans qu'on s'y attende,—cette terrible vérité se confirme que la maladie ne laisse pas d'espoir, que l'impitoyable mort s'est annoncée par des indices certains.

Hildebrand
О книге

Язык

Французский

Год издания

2015-09-21

Темы

Dutch fiction -- Translations into French

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