Le vieux muet, ou, Un héros de Châteauguay
Un roman n'a guère besoin de préface; et, quand il en a une, ce n'est pas d'ordinaire un prêtre qui la signe. On sait pourquoi. Depuis soixante ans le roman est un des pins exécrables dissolvants de la morale publique. Son nom même est devenu presque synonyme de mauvais livre. Quiconque s'intéresse aux bonnes moeurs est obligé de dénoncer ce séduisant corrupteur. On lui ferme l'entrée des maisons honnêtes, et les jeunes filles qui se commettent en sa compagnie risquent d'y perdre et la pudeur et le sens chrétien.
Il faut donc au roman, pour se faire agréer de tous et n'éveiller aucun soupçon, un passe-port sérieux, qui établisse ses titres à la confiance publique, et lui ouvre les portes, généralement closes à tout visiteur suspect. Voilà pourquoi l'auteur du «Vieux Muet» s'est adressé à un prêtre, et l'a prié de présenter son livre au public.
Pareille précaution était-elle nécessaire, dans le cas présent? Je ne le crois pas. Mr J. B. Caouette est suffisamment connu du public pour que ses livres, fussent-ils des romans, aient leur libre entrée partout. Mais l'auteur a sans doute pensé que l'excès de prudence ne saurait nuire en la matière; et je n'ai pas cru devoir refuser le service que sa modestie réclamait.
Ma tâche, au reste, est bien simple. Je n'ai pas à faire l'éloge du livre, ni à dicter au lecteur le jugement qu'il devra porter. Une préface n'est pas une critique. Je veux seulement me porter garant de la moralité impeccable du «Vieux Muet». On peut le mettre en toutes les mains sans aucun danger.
La lecture de ce roman ne produira que de bonnes impressions sur l'esprit et le coeur. Il se dégage de l'ensemble du récit une morale douce, pure et fortifiante. La vertu y tient le premier et le beau rôle. On y a fait une place à l'amour, mais à un amour purifié par le devoir, la religion et le sacrifice. Les personnages que l'auteur met en scène ne sont pas simplement des sujets à dissection métaphysique ou anatomique, mais des êtres bien vivants, et surtout des chrétiens de bonne race, des catholiques qui agissent et parlent en catholiques. La religion entre dans ce livre, comme elle doit entrer dans notre vie; elle y est la source des nobles actions, et la règle de bonne conduite.
J. B. Caouette
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PRÉFACE
AVANT-PROPOS
OU
UN HÉROS DE CHÂTEAUGAY
PROLOGUE
UN SAUVETAGE ÉMOUVANT
LA TIREUSE DE CARTES
LA MAISON BLEUE
PREMIÈRE PARTIE.
LA FAMILLE LORMIER
LA LOYAUTÉ DES CANADIENS-FRANÇAIS.
UN HÉROS DE SEIZE ANS
CONVALESCENCE ET ÉTUDE
UN CLERC NOTAIRE QUI S'AMUSE
UNE PARTIE DE CHASSE
UN TRIO DE NOBLES COEURS
UN DOUBLE COMPTE DE MÉDECIN
UNE FÊTE PATRIOTIQUE
UNE BOMBE QUI ÉCLATE
UNE DERNIÈRE ÉPÎTRE DE PHILIPPE
DEUXIÈME PARTIE.
LES FIANÇAILLES DE JEAN-CHARLES
UNE PÉNIBLE ÉPREUVE
L'OR VAINCU PAR L'ÉLOQUENCE
VINGT ANS APRÈS
TROISIÈME PARTIE.
LA FUITE
L'EXIL
L'ORPHELIN O'NEIL
LE RETOUR AU PAYS
ÉPILOGUE
UNE NOBLE INDISCRÉTION
UNE RÉCEPTION ENTHOUSIASTE
LE VICAIRE DE SAINT-PATRICE
LES NOCES D'OR
MORT AU CHAMP D'HONNEUR
FIN