Vocabulaire, Poèmes

TABLE DES MATIÈRES
Francis Poulenc Darius Milhaud Arthur Honegger Louis Durey Georges Auric Germaine Tailleferre
Arbre, bocal d'oiseaux, feu de bengale entre les îles! Le soleil fait chanter les tramways dans la ville. Le ciel est un marin assis sur les maisons. En soi même noyé Narcisse, N'aime pas les glaces d'hiver. Les anglais écrivent des vers Comme il leur pousse du gazon; Souvent nagent mieux que narcisses Entre deux eaux, entre deux draps; Et le cygne qui dort le menton sur son bras Plus blanc que la neige de Suisse. Flamme, petit poisson ronge du lampion. Orchestre par dessous, le vent venu des îles, Met le feu, aussitôt de terribles lions Sortent, qui se cachaient dans le bocal fragile. L'arbre et l'aérostat se dépassent chacun; Alors le carnaval des pompiers fend la foule. Parfois une maison, une rose s'écroulent, En soulevant une colonne de parfum. Mon cœur tourne à l'envers du vôtre, c'est la vie. Ce manège fait mal au cœur. Oh! que j'ai mal. L'âme de votre fils va vous être ravie Jeune mère, si Tong l'enferme dans la malle. Le fils que l'éventail fait revoir à sa mère Et que l'aide chinois ramène à son fauteuil Ne parle plus jamais... Il périra en mer. Dans le théâtre, un arbre avec toutes ses feuilles; L'arbre dormait debout, couronné d'émeraude. Lâchez tout! Gambetta part en ballon captif. Montgolfière d'amour, monte dans la nuit chaude Les étoiles, chacune indique les récifs. Vieux ascenseurs fanés dont se penche la tige, D'être ailleurs étendu, toute l'âme à l'envers, Le décapité voit un drôle d'univers; Son corps, en un clin d'œil, succombe à ce vertige. Irai-je en un miroir où nous recommençons, Engloutir le poitrail fabuleux du quadrige De cuirassiers mourant parmi les écussons. Il est des jours, la mer, pour enjôler le mousse, Lui découvre ses lits, agite ses dessous, Débouche bruyamment un champagne qui mousse, Mauvais livre de poche acheté quatre sous. (Ses yeux, demain, feront sourire l'équipage) Ballon! bocal d'oiseaux légers pris au filet. Le manège à vapeur enroule son voyage; On ne monte plus: C'EST COMPLET. Voici qu'on dépose l'actrice Et son ventriloque inhumain; Pour cacher quelque cicatrice Elle effeuille ses vieilles mains. Une anglaise qui l'avait prise Pour Venise, part pour Venise; Elle se suicide en chemin. Adieu, bocal, vélocipèdes! Fantômes de visage en feu; La nuit n'a pas assez d'éloges Pour le palais du mal de mer; Ses opéras d'or et ses loges Roulent sur les vagues de l'air. Au milieu chante la sirène À cheval. Son visage vert Est transparent comme le verre, Sa robe en velours rouge traîne Dans les moulures de la mer. Parfois on la voit à l'envers Si elle plonge les mains jointes, Car les sirènes sont des saintes. D'autres sirènes ont des ailes Et des becs de chauve-souris; D'autres nagent sous des ombrelles Et on meurt si elles sourient. Perle! perles, je vous rapporte Du fond des miroirs machinés; Jeunesse, épave des mers mortes, Miroirs déformants de l'amour Où chacun cherche à se puiser; Une femme, une aérogyne, En nous envoyant des baisers Faisait de gracieux mensonges; Elle a découvert la machine Qui permet de voler en songe; C'était simple comme bonjour.

Jean Cocteau
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Язык

Французский

Год издания

2019-09-26

Темы

French poetry -- 20th century

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