Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (2/2)

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Je regarde comme une chose bonne en soi que vous soyez aimée et appréciée lorsque vous ne serez plus.
(Lettre de BALLANCHE, t. I, p. 312.)
1860
La mise à exécution des principes posés à Vérone par les souverains alliés, relativement à l'Italie et surtout à l'Espagne, amena dans le conseil des ministres à Paris un dissentiment profond. Le duc Mathieu de Montmorency voulait que la déclaration de la France fût conforme à celle des autres puissances, et insistait sur le rappel immédiat de notre ambassadeur à Madrid. M. de Villèle était d'avis d'appuyer, sans doute, par des remontrances énergiques les déclarations étrangères, mais il entendait que M. de Lagarde, notre ministre, restât encore en Espagne.
Nous ne prétendons pas, au point de vue de la mémoire d'une femme, écrire l'histoire de la Restauration; mais on a beaucoup discuté les motifs de la sortie du ministère de M. de Montmorency, et de l'entrée de M. de Chateaubriand aux affaires, et l'on a très-diversement apprécié la conduite des trois personnes les plus directement intéressées dans le débat. M. de Villèle a rencontré des apologistes ardents et exclusifs: nous ne saurions accepter des éloges qu'il a reçus, que ce qui ne peut légitimement nuire aux deux amis de Mme Récamier, Mathieu de Montmorency et M. de Chateaubriand.
L'antagonisme même de ces deux hommes d'État s'explique sans qu'on soit obligé d'avoir recours à des interprétations malicieuses ou subalternes. Il est très-certain que M. de Villèle ne voulait auprès de lui aucun homme qu'une supériorité, de quelque espèce qu'elle fut, put rendre prépondérant. L'importance que donnaient à M. de Montmorency son rang, son nom, la considération qu'inspirait son caractère, lui fit d'abord ombrage; toutefois, lorsque M. de Montmorency partit pour Vienne afin d'y concerter l'action de la France avec celle des souverains alliés, il n'était nullement question de donner au ministre des finances la présidence du conseil. C'est en Autriche seulement que M. de Montmorency apprit cette marque éclatante de faveur accordée par le roi à M. de Villèle.

Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard Récamier
О книге

Язык

Французский

Год издания

2008-08-18

Темы

Récamier, Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard, 1777-1849 -- Correspondance; Women intellectuals -- France -- Correspondence

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