Jean de Kerdren

Par Jeanne Schultz
Nelson Éditeurs 189, rue Saint-Jacques Paris
Calmann-Lévy Éditeurs 3, rue Auber Paris
JEANNE SCHULTZ née en 1870
Première édition de « Jean de Kerdren » : 1890
JEAN DE KERDREN
L’un après l’autre, les canots venaient se ranger au pied des escaliers volants, comme des équipages bien stylés devant la marquise d’un hôtel. Lestement, avec la vivacité de gens qui vont à leurs plaisirs, les officiers descendaient et s’asseyaient sur les bancs garnis de tapis. Puis, sur le signal de l’un d’eux, tous les avirons, qui étaient restés levés en attendant le commandement, retombaient à la fois, et le canot filait sous cette vigoureuse impulsion.
De chaque bâtiment de l’escadre, il en partait ainsi, et cela ressemblait à une petite ville dans laquelle un grand événement met tout le monde en branle.
La mer, d’un bleu transparent, était si calme qu’elle n’aurait pas suffi à balancer le berceau d’un bébé un peu exigeant, et c’était un joli spectacle que celui de toutes ces embarcations soigneusement parées, et éclairées en plein par le soleil du matin.
Les matelots, en grande tenue, se courbaient tous à la fois d’un mouvement parfaitement régulier, qui montrait tour à tour leurs tricots rayés et leurs cols d’une blancheur irréprochable ; et les officiers, le cigare aux lèvres, s’interpellaient gaiement d’un canot à l’autre.
— Un jouet mécanique, fit tout à coup l’un d’eux en se retournant pour embrasser la flottille d’un coup d’œil. Petits rameurs remontés, petits officiers piqués sur les bancs : c’est le jeu de régates que je viens de donner à mes frères.
Des rires lui répondirent et les plaisanteries continuèrent sur le même ton.

Jeanne Schultz
О книге

Язык

Французский

Год издания

2021-11-11

Темы

French fiction -- 19th century

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