La neuvaine de Colette
JEANNE SCHULTZ
Ouvrage couronné par l’Académie française
CENT NEUVIÈME ÉDITION
PARIS CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS 3, RUE AUBER, 3
CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS
DU MÊME AUTEUR
Format grand in-18.
Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous les pays, y compris la Hollande.
E. GREVIN — IMPRIMERIE DE LAGNY
LA NEUVAINE DE COLETTE
« De mourir de désespoir et d’ennui, préservez-moi, Seigneur ! et ne m’oubliez pas dans cette neige qui monte tous les jours un peu plus autour de moi ! »
J’ai tant formulé cette oraison jaculatoire sans que jamais nul y réponde que, de guerre lasse, je viens l’écrire. Les choses écrites ont plus de poids, me semble-t-il ; puis elles durent plus à faire surtout ; et, par la même raison qui m’a donné l’habitude de parler tout haut au lieu de penser, parce qu’un mot à prononcer et à faire résonner contre mes grandes boiseries me prenait plus de temps, je me mets à écrire aujourd’hui… Que trouverai-je pour demain, hélas !