Les affinités électives / Suivies d'un choix de pensées du même
Produced by Anne Dreze and Marc D'Hooghe
Traduction nouvelle par Mme A. DE CARLOWITZ.
Un riche Baron, encore à la fleur de son âge et que nous appellerons Édouard, venait de passer dans sa pépinière les plus belles heures d'une riante journée d'avril. Les greffes précieuses qu'il avait fait venir de très-loin étaient employées, et, satisfait de lui-même, il renferma dans leur étui ses outils de pépiniériste. Le jardinier survint et admira très-sincèrement le travail de son maître.
—Est-ce que tu n'as pas vu ma femme? lui demanda Édouard en faisant un mouvement pour s'éloigner.
—Si, Monseigneur, Madame est dans les nouvelles plantations. La cabane de mousse qu'elle fait faire sur la montagne, en face du château, sera terminée aujourd'hui. Quel délicieux point de vue vous aurez là! Au fond, le village; un peu à droite, l'église et le clocher, au-dessus duquel, de cette hauteur, le regard se glisse au loin. En face, le château et les jardins.
—C'est bien, répliqua Édouard. A quelques pas d'ici j'ai vu travailler les ouvriers.
—Et plus loin, à droite, continua le jardinier, s'ouvre la riche vallée avec ses prairies couvertes d'arbres, dans un joyeux lointain. Quant au sentier à travers les rochers, je n'ai jamais rien vu de mieux disposé. En vérité, Madame s'y entend, c'est un plaisir de travailler sous ses ordres.
—Va la prier de ma part de m'attendre; je veux qu'elle me fasse admirer ses nouvelles créations.
Le jardinier s'éloigna en hâte. Le Baron le suivit lentement, visita en passant les terrasses et les serres, traversa le ruisseau et arriva bientôt à la place où la route se divisait en deux sentiers: l'un et l'autre conduisaient aux plantations nouvelles; le plus court passait par le cimetière, le plus long par un bosquet touffu. Édouard choisit le dernier et se reposa sur un banc, judicieusement placé au point où le chemin commençait à devenir pénible, puis il gravit la montée qui, par plusieurs marches et points d'arrêts, le conduisit, par un sentier étroit et plus ou moins rapide, jusqu'à la cabane de mousse.
Johann Wolfgang von Goethe
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LES AFFINITÉS ÉLECTIVES
LES AFFINITÉS ÉLECTIVES
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE PREMIER.
CHAPITRE II
CHAPITRE III.
POST-SCRIPTUM DE LA SOUS-MAITRESSE.
BILLET DU PROFESSEUR.
CHAPITRE IV.
CHAPITRE V.
LETTRE DE LA MAITRESSE DE PENSION.
LETTRE DU PROFESSEUR.
CHAPITRE VI.
CHAPITRE VII.
CHAPITRE VIII.
CHAPITRE IX.
CHAPITRE X.
CHAPITRE XI.
CHAPITRE XII.
CHAPITRE XIII.
CHAPITRE XIV.
CHAPITRE XV.
CHAPITRE XVI.
ÉDOUARD A CHARLOTTE.
CHAPITRE XVII.
CHAPITRE XVIII.
CHAPITRE PREMIER.
CHAPITRE II.
CHAPITRE III.
CHAPITRE IV.
CHAPITRE V.
CHAPITRE VI.
CHAPITRE VII.
CHAPITRE VIII.
CHAPITRE IX.
CHAPITRE X.
CHAPITRE XI.
CHAPITRE XII.
CHAPITRE XIII.
CHAPITRE XIV.
CHAPITRE XV.
CHAPITRE XVI.
ÉDOUARD A OTTILIE.
CHAPITRE XVII.
OTTILIE A SES AMIS.
CHAPITRE XVIII.
FIN DES AFFINITÉS ÉLECTIVES.
MAXIMES ET RÉFLEXIONS
DERNIER CONSEIL.
VERS INSPIRÉS PAR LA VUE DU CRANE DE SCHILLER.
FIN DES MAXIMES ET RÉFLEXIONS.