La femme du diable - Joseph Lafon-Labatut

La femme du diable

ŒUVRES POSTHUMES DE J. LAFON-LABATUT
PAR Joseph LAFON-LABATUT
Lauréat de l'Institut AVEC UNE Préface par JULES CLARETIE ET UNE NOTICE BIOGRAPHIQUE PAR GABRIEL LAFON
PÉRIGUEUX IMPRIMERIE CHARLES RASTOUIL, RUE TAILLEFER, 31 —— 1878.
J. LAFON-LABATUT.
PRÉCÉDÉE D'UNE Préface par JULES CLARETIE ET UNE NOTICE BIOGRAPHIQUE PAR GABRIEL LAFON
PÉRIGUEUX IMPRIMERIE CHARLES RASTOUIL, RUE TAILLEFER, 31 —— 1878.
Dans un des volumes posthumes de M me Sand, il est souvent question de ces poètes populaires qui ont chanté loin du bruit de Paris, et que leur province a adoptés avec une sorte d'entraînement plein de reconnaissance. Rouen, Nevers, Agen, Nîmes, Toulon, bien d'autres villes encore, ont eu leur poète local, et les noms de Reboul, de Jasmin, de Poney, l'auteur du Chantier , de Magu, etc., ne sont plus à louer aujourd'hui. La critique serait plutôt tenue de signaler à l'attention leurs successeurs, car la veine de la poésie provinciale et populaire est loin d'être tarie. «Chaque année, disait George Sand en 1844, ajoute à la liste de nouveaux noms.—Et, continuait l'auteur des Lettres d'un Voyageur , ces poètes trouvent sur le sol natal leur succès et leur récompense. Ils y trouvent aussi leur inspiration; et comme la province ne leur est point ingrate, ils ne sont pas ingrats envers elle; ils lui versent le charme de leur poésie.» C'est bien là ce que fit l'homme d'un talent véritable, dont M. Gabriel Lafon, avocat au Bugue, publie aujourd'hui cette légende périgourdine, la Femme du Diable .
Joseph Lafon-Labatut est et restera le poète de notre Périgord comme le chantre de la Mignounetto (c'était ainsi que le coiffeur Jasmin surnommait M me Jasmin) demeure le poète de l'Agenais. Jasmin d'Agen, Roumanille d'Avignon, Peyrolles de Clermont l'Hérault, sont justement célèbres pour leurs poésies patoises. Lafon-Labatut méritait de le devenir pour ses poésies françaises. Il aura eu, en effet, cette gloire et cette raison—d'être obstinément fidèle à la France, à sa tradition, à son langage, tout en adorant son cher pays, sa saine et virile province. La petite patrie ne lui faisait pas oublier la grande. On essaie, à cette heure, d'un mouvement ardent de décentralisation littéraire. Chaque partie de la nation semble vouloir affirmer un individualisme spécial, un particularisme absolu. Les Normands fêtent la Pomme , les méridionaux la Cigale . Il est question, dans certains écrits, d'une grande et noble captive qui ne serait autre que la Provence, si méchamment tenue à la gorge par la France, qu'on traite en marâtre et non en mère dans ce camp spécial. On remonte, pour protester contre le Français, jusqu'aux horribles guerres des Albigeois, comme les Allemands dont parle Henri Heine remontaient jusqu'au meurtre de Conradin. Ce serait là un symptôme et un spectacle également navrants si l'unité française pouvait être entamée par l'amour-propre de quelques félibres, avides de se séparer pour se distinguer. Mais, fort heureusement, au pays provençal même, des patriotes de talent réagissent contre la prétention de ces adeptes trop fervents de Frédéric Mistral. On peut lire les écrits de la Laueto (l'Alouette provençale): l'idée vitale de la patrie française plane au-dessus du filial amour qu'ont ces latins pour leur Languedoc.

Joseph Lafon-Labatut
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О книге

Язык

Французский

Год издания

2010-08-31

Темы

Poetry

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