L'art ochlocratique: salons de 1882 & de 1883

Madame ,
Daignez permettre cette salutation et que Votre nom sourie sur mon œuvre.
Parmi les Grandes Dames, patronnesses de l'éthopée qui ont osé applaudir mes audaces, je Vous salue la première.
Accueillez cet hommage de respect, d'admiration et de gratitude comme l'eût accueilli une de ces princesses de la Renaissance, dignes sœurs des Vinci, des Alberti, des Ficin.
En ce temps faste, quatre personnages jouaient toute la comédie humaine sous le ciel italien.
Le pape, le condottiere, l'artiste et la princesse. Ils croyaient à l'Église et à la Gloire; ils se sentaient immortels et voulaient ne pas mourir, même pour ce monde périssable; et tous quatre s'émulant et collaborant à une noble conquête de la mémoire humaine: le condottiere se blasonnait des clés vaticanes et l'artiste portait les couleurs des princesses.

Ce commerce grandiose de l'homme du Verbe et de l'homme du Glaive; ce doux commerce de l'homme du Rêve et de l'être irréel—s'accomplissaient en rituel majestueux de la culture et de l'individualisme: l'époque qui les vit s'en est appelée belle.
Certes le péché grouillait, la passion ardait, l'entité dévorait autour d'elle; mais ces heurts jetaient de la lumière; on ne vit lors ni vertu médiocre, ni vice tempéré.
En la presqu'île sainte, le cœur battait plus haut que la bannière et les pensées valaient les noms.
Aujourd'hui! las, le pape est prisonnier des faquins; le condottiere s'appelle, ô dérision, matricule tant, l'artiste est livré aux bêtes et la princesse... comme disparue.

Joséphin Péladan
О книге

Язык

Французский

Год издания

2016-06-09

Темы

Salon (Exhibition : Paris, France) (1882); Salon (Exhibition : Paris, France) (1883); Art, French -- 19th century -- Exhibitions

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