Les Femmes de la Révolution
L'auteur et l'éditeur de cet ouvrage se réservent le droit de le traduire ou de le faire traduire en toutes les langues.
Paris.—Imp. Simon Raçon et comp., rue d'Erfurth, 1.
L'espèce de galerie ou musée biographique que le lecteur va parcourir se compose principalement des portraits de femmes que M. Michelet a tracés dans son Histoire de la Révolution .
Quelques-uns étaient incomplets, l'historien n'ayant dû, dans cette histoire générale, les esquisser que de profil. Il y a suppléé d'après les meilleures sources biographiques.
Plusieurs articles sont neufs, comme on le verra; d'autres ont été refondus ou considérablement développés.
Ce livre paraît le jour où l'on ferme les livres, où les événements prennent la parole, où recommence la guerre européenne, interrompue quarante années.
Et comment liriez-vous? vous regardez là-bas où vont vos fils, vos frères!—ou plus près, sur la ligne où vos époux peut-être iront demain! Votre âme est aux nouvelles, votre oreille au canon lointain; vous écoutez inquiètes son premier coup, solennel et profond, qui tonne pour la grande guerre religieuse de l'Orient et de l'Occident.
Grande guerre, en vérité, et qu'on ne limitera pas. Pour le lieu, pour le temps, et pour le caractère, elle ira grandissant. C'est la guerre de deux dogmes, ô femmes! de deux symboles et de deux fois, la nôtre et celle du passé. Ce caractère définitif, obscur encore dans les tâtonnements, les balbutiements de la politique, se révélera de plus en plus.
Oui, quelles que soient les formes équivoques et bâtardes, hésitantes, sous lesquelles se produit ce terrible nouveau-né du temps, dont le nom sonne la mort de tant de cent mille hommes,—la guerre ,—c'est la guerre du christianisme barbare de l'Orient contre la jeune foi sociale de l'Occident civilisé. Lui-même, l'ennemi, l'a dit sans détour du Kremlin. Et la lutte nouvelle offre l'aspect sinistre de Moloch défendant Jésus.
Au moment d'apporter notre existence entière, nos fortunes et nos vies à cette grande circonstance, la plus grave qui fut jamais, chacun doit serrer sa ceinture, bien ramasser sa force, regarder dans son âme, dans sa maison, s'il est sûr d'y trouver l'unité qui fait la victoire.
Jules Michelet
LES FEMMES DE LA
RÉVOLUTION
PAR
J. MICHELET
1855
II.
III.
IV.
AUX FEMMES, AUX MÈRES, AUX FILLES
INFLUENCE DES FEMMES AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.—MATERNITÉ
HÉROÏSME DE PITIÉ.—UNE FEMME A DÉTRUIT LA BASTILLE
L'AMOUR ET L'AMOUR DE L'IDÉE (80-91)
LES FEMMES DU 6 OCTOBRE (89)
LES FEMMES À LA FÉDÉRATION (1790)
LES DAMES JACOBINES (1790)
LE PALAIS-ROYAL EN 90—ÉMANCIPATION DES FEMMES LA CAVE DES JACOBINS
LES SALONS.—MADAME DE STAËL.
LES SALONS.—MADAME DE CONDORCET.
SUITE.—MADAME DE CONDORCET (94).
SOCIÉTÉS DE FEMMES.—OLYMPE DE GOUGES, ROSE LACOMBE.
THÉROIGNE DE MÉRICOURT (89-95).
LES VENDÉENNES EN 90 ET 91.
MADAME ROLAND (91-92).
MADAME ROLAND (SUITE).
MADEMOISELLE KÉRALIO (MADAME ROBERT) (17 JUILLET 91).
CHARLOTTE CORDAY.
MORT DE CHARLOTTE CORDAY (19 JUILLET 93).
LE PALAIS-ROYAL EN 93. LES SALONS.—COMMENT S'ÉNERVA LA GIRONDE.
LA PREMIÈRE FEMME DE DANTON (92-93).
LA SECONDE FEMME DE DANTON.—L'AMOUR EN 95.
LA DÉESSE DE LA RAISON (10 NOVEMBRE 93).
CULTE DES FEMMES POUR ROBESPIERRE.
ROBESPIERRE CHEZ MADAME DUPLAY (91-95).
LUCILE DESMOULINS (AVRIL 94).
EXÉCUTIONS DE FEMMES.—LES FEMMES PEUVENT-ELLES ÊTRE EXÉCUTÉES.
CATHERINE THÉOT, MÈRE DE DIEU.—ROBESPIERRE MESSIE. (JUIN 94).
LES DAMES SAINT-AMARANTHE (JUIN 94).
INDIFFÉRENCE À LA VIE.—AMOURS RAPIDES DES PRISONS (93-94).
CHAQUE PARTI PÉRIT PAR LES FEMMES.
LA RÉACTION PAR LES FEMMES DANS LE DEMI-SIÈCLE QUI SUIT LA RÉVOLUTION.
FIN.
NOTES: