L'écornifleur
L'Écornifleur
PARIS
PAUL OLLENDORFF, ÉDITEUR
28 bis , RUE DE RICHELIEU, 28 bis
1892
Tous droits réservés. Il a été tiré à part dix exemplaires sur papier de Hollande numérotés à la presse (1 à 10)
Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous les pays, y compris la Suède et la Norwège.
S'adresser, pour traiter, à M. Paul Ollendorff, éditeur, 28 bis , rue de Richelieu, Paris.
C'est un homme de quarante ans, un peu raide et lourd, convenablement vêtu. On sent qu'il n'a pas lui-même soin de sa personne, qu'il ne s'habille pas seul. Madame Vernet le boutonne, l'épingle, le peigne. Rarement un jour se passe sans que la raie, droite et pure, se défasse, et que la cravate remonte. Mais Monsieur Vernet est incapable de «revenir sur sa toilette», et il semble, pour cette raison, plus distingué le matin que le soir.
Le peu qu'il montre de ses yeux est d'un bleu tendre. Ses paupières pesantes jouent mal, constamment presque fermées. Il est obligé de lever la tête, de la pencher en arrière, comme les gens qui regardent par-dessous leurs lunettes. Je le dis sans malice, la forme de ces yeux rappelle quelque chose de déjà observé aux yeux des porcs.
En omnibus, Monsieur Vernet se met de préférence au fond et regarde les derrières des chevaux lourdement secoués. «Le pavé de Paris use les meilleures bêtes.» Suivant les recommandations du préfet de police, Monsieur Vernet ne descend pas de voiture avant qu'elle ne soit immobile. Mais une fausse honte, bien excusable chez un homme, l'empêche de «demander le cordon» au conducteur pour lui seul: il attend qu'une dame fasse arrêter, et profite de l'occasion. Sinon, il s'entête, dépasse le but, va jusqu'à la station prochaine et retourne sur ses pas.
Oh! je me tiens sur mes gardes. Une récente aventure m'a rendu sévère. Je viens de «quitter» certaine famille honorable que j'aimais beaucoup, un peu trop, et je frissonne au souvenir de l'outrage. Je ne me livrerai pas sans défiance. Il faut que, plus tard, si l'aventure tourne mal, je puisse dire, hautain et bref, à cet homme:
Jules Renard
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JULES RENARD
À MARINETTE
L'ÉCORNIFLEUR
MONSIEUR VERNET
DE LA PRUDENCE
BOUTON PAR BOUTON
ENCORE UN HOMME DE LETTRES
ENTRÉE
MADAME VERNET
SYMPTÔMES
DÉVIATION
C'EST BON! C'EST BON!
MISÈRE DE MISÈRE!
MES CONFRÈRES
JE DIS QUELQUE CHOSE
COUPS DE SONDE
COSMOGRAPHIE
JE TROUVE UN ENGAGEMENT SÉRIEUX
EN VOYAGE
C'EST LA MER!
JAMAIS AU NIVEAU DE LA MER!
CIVILITÉS
À FOND DE CALE
IMPORTUNITÉS
LA DERNIÈRE STATION
INSOMNIE
LE BOBO
SCÈNE
JE RESTE
JE RENDS DES SERVICES
À TABLE! À TABLE!
MADEMOISELLE MARGUERITE
PROGRAMME
ATOMES CROCHUS
THÉORIES
LE NAVET
LE BAISER
PRISE D'HABITUDE
ÉCRIRE!
LA PLAGE
POINTS DE VUE
PAS DE GÂCHAGE
DIRECTEUR DE CONSCIENCE LITTÉRAIRE
ÉGLISES
PROMENADES ET BEAUX SITES
FLIRTAGE EN PLEIN AIR
LA PARTIE D'AGRÉMENT
IL FAUT EN FINIR, À LA FIN
PROPOSITION
LES IDÉES DE MADEMOISELLE MARGUERITE
PREMIÈRE SÉANCE
COURS COMPLET
EN SOURDINE
DERNIÈRE SÉANCE
LE DEMI-VIOL
ANIMAL TRISTE
LE DÉPART
ADIEU!