Les naufragés du Jonathan
LES MONDES CONNUS ET INCONNUS JULES VERNE LES NAUFRAGÉS DU JONATHAN COLLECTION HETZEL
LES VOYAGES EXTRAORDINAIRES
JULES VERNE
LES NAUFRAGÉS DU Jonathan
Illustrations par George ROUX
Planches En Chromotypographie
Collection Hetzel
18, rue Jacob, PARIS, VI e .
Tous droits de traduction et de reproduction réservés.
Copyright 1909, by J. Hetzel.
C’était un gracieux animal, le cou long et d’une courbure élégante, la croupe arrondie, les jambes nerveuses et effilées, les flancs effacés, la robe d’un roux fauve tacheté de blanc, la queue courte, en panache, très fournie de poils. Son nom dans le pays: guanaco ; en français: guanaque . Vus de loin, ces ruminants ont souvent donné l’illusion de chevaux montés, et plus d’un voyageur, trompé par cette apparence, a pris pour une bande de cavaliers un de leurs troupeaux passant au galop à l’horizon.
Seule créature visible dans cette région déserte, ce guanaque vint s’arrêter sur la crête d’un monticule, au milieu d’une vaste prairie où les joncs se frôlaient bruyamment et dardaient leurs pointes aiguës entre des touffes de plantes épineuses. Le museau tourné au vent, il aspirait les émanations qu’une légère brise apportait de l’Est. L’œil attentif, l’oreille dressée, pivotante, il écoutait, prêt à prendre la fuite au moindre bruit suspect.