Angéline de Montbrun
This text was adapted from that found at the Bibliothèque virtuelle
(http://www.fsj.ualberta.ca/biblio/default.htm) Thank you to Donald Ipperciel and the Faculté Saint-Jean (University of Alberta) for making it available.
Angéline de Montbrun
Laure Conan
«L'avez-vous cru que cette vie fut la vie?»
Lacordaire.
(Maurice Darville à sa soeur)
Chère Mina,
Je l'ai vue—j'ai vu ma Fleur des Champs, la fraîche fleur de Valriant,—et, crois-moi, la plus belle rose que le soleil ait jamais fait rougir ne mériterait pas de lui être comparée. Oui, ma chère, je suis chez M. de Montbrun, et je t'avoue que ma main tremblait en sonnant à la porte.
—Monsieur et Mademoiselle sont sortis, mais ne tarderont pas à rentrer, me dit la domestique qui me reçut; et elle m'introduisit dans un petit salon très simple et très joli, où je trouvai Mme Lebrun, qui est ici depuis quelques jours.
J'aurais préféré n'y trouver personne. Pourtant je fis de mon mieux. Mais l'attente est une fièvre comme une autre.
J'avais chaud, j'avais froid, les oreilles me bourdonnaient affreusement, et je répondais au hasard à cette bonne Mme Lebrun qui me regardait avec l'air indulgent qu'elle prend toujours lorsqu'on lui dit des sottises.