Le roman du malade
LOUIS DE ROBERT
NEUVIÈME MILLE
PARIS BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR 11, RUE DE GRENELLE, 11
1912
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Copyright by Eugène Fasquelle, 1911.
OUVRAGES DU MÊME AUTEUR :
IL A ÉTÉ TIRÉ DU PRÉSENT OUVRAGE : Dix exemplaires numérotés sur papier de Hollande et cinq exemplaires numérotés sur papier du Japon.
Paris. — L. Maretheux, imprimeur, 1, rue Cassette. — 10867.
Mon cher Loti,
A cause de la grande admiration que j’ai toujours eue pour votre génie poétique, pour votre belle âme si émouvante, si tendre, si lumineuse et en même temps si sombre et si désespérée, et parce qu’on ne peut vous connaître sans vous aimer, depuis longtemps, à chacun de mes livres, j’étais tenté d’écrire votre nom sur cette page et, chaque fois, mécontent de moi je me suis dit : « Attendons le prochain ». Car l’œuvre qu’on n’a pas encore réalisée est toujours rayonnante, pure, intacte, sans défauts ; elle ne nous désenchante qu’à mesure qu’elle s’édifie. Alors, nous apercevons bien ce que vous avons réussi à exprimer, mais nous apercevons également tout ce que nous rêvions de dire et que nous n’avons pas dit…
Ainsi j’ai retardé quinze ans la joie fière et délicate de satisfaire le vœu de la piété la plus fervente et de la plus douce amitié.
Mais tout arrive et voici enfin ce Roman du Malade que je vous ai consacré dès sa première ligne, avec la pensée que vous en sentiriez mieux que personne la sincérité, vous l’incomparable peintre des crépuscules et des grandes ombres de la mort.