Diane de Poitiers - M. Capefigue

Diane de Poitiers

Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.
Coulommiers.—Imprimerie de A. MOUSSIN.
PAR M. CAPEFIGUE
PARIS AMYOT, ÉDITEUR, 8, RUE DE LA PAIX
MDCCCLX
Le privilége de Diane de Poitiers, comme celui de la marquise de Pompadour, fut d'avoir présidé à une époque de grandeur et de rénovation dans les arts. Toutes les gloires passent, le souvenir de la douce protection accordée aux artistes survit à toutes; les noms de Léonard de Vinci, del Rosso, du Primatice, de Benvenuto Cellini, se mêlent à la mémoire de Diane de Poitiers.
Aujourd'hui encore, sur les frontispices des monuments de la Renaissance, sur les colonnes cannelées d'Anet, aux portes façonnées d'Amboise, sur les cheminées artistiques de Chambord, à Fontainebleau ou au Louvre, on voit le chiffre de Diane de Poitiers entrelacé à l'initiale de Henri II; car c'est surtout pendant le règne si rapide de Henri II que domine Diane de Poitiers; sous François I er , sa puissance a été presqu'aussitôt effacée par la beauté froide et capricieuse de la duchesse d'Étampes, plus jeune qu'elle de vingt ans.
Sous le roi Henri II, Diane de Poitiers presqu'à quarante ans, gouverne par ses prestiges un jeune et chevaleresque roi; la Diane chasseresse, telle que l'a reproduite le Primatice dans ses bosquets mystérieux, le carquois sur l'épaule, les lévriers en laisse, peut vous donner une idée de la beauté merveilleuse de Diane de Poitiers.
Ce livre sur Diane de Poitiers devra trouver moins de contradicteurs que mon étude sur madame de Pompadour, et cette différence s'explique. Le nom de Diane de Poitiers ne s'est jamais mêlé à nos passions politiques contemporaines; si quelques maussades érudits ont porté leurs mains brutales sur les marbres ciselés de la Renaissance, nul n'avait intérêt à briser les statues de la Diane du château d'Anet. Il n'en a pas été ainsi de madame de Pompadour, et encore plus de la comtesse Du Barry; il fallait flétrir le règne de Louis XV pour exalter la révolution française; il fallait démolir la vieille monarchie en couvrant de boue les châteaux d'Étioles et le pavillon de Luciennes. Diane de Poitiers fut une ombre charmante comme la marquise de Pompadour et la comtesse Du Barry, mais on n'avait pas besoin d'ameuter contre elle les enfants des chastes déesses de la liberté et des pudiques vierges des salons du Directoire.

M. Capefigue
Содержание

О книге

Язык

Французский

Год издания

2012-06-09

Темы

Poitiers, Diane de, Duchess of Valentinois, 1499-1566

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