Mémoires de Frédérique Sophie Wilhelmine de Prusse, margrave de Bareith. Tome 1

TROISIÈME ÉDITION, CONTINUÉE JUSQU'A 1758 ET ORNÉE DU PORTRAIT DE LA MARGRAVE.
LEIPZIG. H. BARSDORF. 1889.
FRÉDÉRIQUE SOPHIE WILHELMINE, MARGRAVE DE BAREITH,
Un charme tout particulier plane autour des Mémoires tant renommés de la Margrave de Bareith, les enveloppant de voiles mystérieux, tantôt transparents, tantôt obscurcis, montrant néanmoins toujours distinctement l'individualité de la femme auguste dans tout ce qu'elle fait comme dans tout ce qu'elle ne fait pas.
Quatre-vingts ans se sont écoulés depuis la première édition qui fut, non pas lue, mais dévorée. Rien ne pouvait exciter un plus vif intérêt que ce menu de scènes piquantes d'observations pétillantes, d'intrigues incroyables, le tout écrit avec une sans-gêne inouïe. La princesse n'épargnait rien et personne, ni père, ni mère, ni frères, ni soeurs n'échappaient à sa critique mordante. Tout ce qu'elle voyait et entendait était saisi pour être dépeint dans ses Mémoires ou comme un portrait parlant ou comme une caricature, mais toujours sans aucune considération de ce qu'on appelle les convenances et les égards. Nous autres, enfants du XIXième siècle, tout imbus de ces préjugés de convention, nous ne pouvons voir sans étonnement de quelle manière elle arrange ses personnages sans aucune exception, les traitant tous avec la dernière rigueur.
Nous ne pouvons comprendre cette princesse de Prusse, choisissant les expressions les plus fortes, les plus drastiques et décrivant les scènes les plus intimes. Mais le XVIIIième siècle pensait et écrivait autrement que le nôtre. Bien souvent alors le coeur s'échappait avec la langue, et la plume suivait la main. Avec sa grande désinvolture de conception et de raisonnement le siècle philosophique ne s'inquiétait pas long-temps du: «qu'en dira-t-on?«
On a bien souvent reproché à la Margrave--et le célèbre historien Schlosser lui a jeté la première pierre--d'avoir de gaîté de coeur compromis inutilement les siens. Nous aurions d'elle un portrait peu ressemblant si nous acceptions ce jugement étroit parmi tous les autres du même acabit. Il faut essayer de la connaître autrement, et elle se révèle sous un jour tout différent dans ses lettres.

Margrave of Bayreuth consort of Friedrich Margravine Wilhelmine
О книге

Язык

Французский

Год издания

2009-01-14

Темы

Wilhelmine, Margravine, consort of Friedrich, Margrave of Bayreuth, 1709-1758; Prussia (Germany) -- History -- Frederick William I, 1713-1740; Prussia (Germany) -- Court and courtiers

Reload 🗙