Voyage à Montbard - Marie-Jean Hérault de Séchelles

Voyage à Montbard

HÉRAULT DE SÉCHELLES
AVEC UNE PRÉFACE ET DES NOTES PAR F.-A. AULARD
Eau-forte par Ad. Lalauze
PARIS ÉDITIONS DES BIBLIOPHILES Rue de Lille, 7
M DCCC XC
VOYAGE A MONTBARD Lalauze del. & sc.
TIRÉ A TRÈS PETIT NOMBRE
Il a été tiré, en outre, 20 exemplaires sur papier de Chine et 20 sur papier Whatman, avec double épreuve de la gravure .
La vie publique de l’auteur du Voyage à Montbard est bien connue. Tour à tour avocat au Châtelet, avocat général au Parlement de Paris par la faveur de Marie-Antoinette, un des vainqueurs de la Bastille, juge élu à Paris, commissaire du roi près le tribunal de cassation, député de Paris à l’Assemblée législative et à la Convention nationale, membre du Comité de salut-public, guillotiné le 5 avril 1794, à l’âge de trente-quatre ans, Hérault de Séchelles suivit la politique et la fortune de son ami Danton.
Mais on peut dire que, si considérable qu’ait été le rôle politique d’Hérault, il fut peut-être inférieur au mérite de cet homme distingué, une des natures les plus fines qui aient paru dans la fin du XVIII e siècle.
Ses opinions philosophiques étaient celles de Diderot, qu’il loue sans réserve dans les pages qu’on va lire, et il pensait ouvertement du mystère de l’origine des choses ce que Buffon en pensait au fond du cœur. Sa conversation était fort hardie. Peu après 89, l’avocat Bellart, invité chez Hérault au château d’Épone, fut scandalisé des propos qui s’y tenaient. « Le maître de la maison, dit-il, se reposoit des impiétés avec les obscénités. Enfin, en deux ou trois jours, je fis la découverte qu’il étoit matérialiste au plus haut degré. » Bellart se mit en tête de le contredire et lui débita une tirade aussi orthodoxe que la remontrance de Sganarelle à don Juan : « N’ayez pas peur, repartit l’autre : quoique matérialiste, je ne m’en occuperai pas moins de vous servir, s’il le faut. » En frimaire an II, Vilate assista à une conversation entre Hérault et Barère sur le but suprême de la Révolution. Hérault se plaçait surtout au point de vue philosophique. Il voyait déjà « les rêveries du paganisme et les folies de l’Église remplacées par la raison et la vérité ». « La nature, disait-il, sera le dieu des François, comme l’univers est son temple. » Il exprima donc son sentiment intime, quand, présidant la Convention nationale à la fête du 10 août 1793, il adressa devant le peuple une prière officielle à la Nature. D’autre part, dans sa mission à Colmar, il avait fait une proclamation « pour remplacer, disait-il, les religions mensongères par l’étude de la Nature », et pris un arrêté qui rendait le décadi obligatoire et instituait une fête de la Raison dans chaque chef-lieu de canton.

Marie-Jean Hérault de Séchelles
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О книге

Язык

Французский

Год издания

2024-02-19

Темы

Naturalists -- France -- Biography; Buffon, Georges Louis Leclerc, comte de, 1707-1788

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