Les Vagabonds - Maxime Gorki

Les Vagabonds

MAXIME GORKI
TRADUCTION ET PRÉFACE PAR IVAN STRANNIK
QUATRIÈME ÉDITION
PARIS SOCIÉTÉ DV MERCVRE DE FRANCE XV, RVE DE L’ÉCHAVDÉ-SAINT-GERMAIN, XV
MCMII
JUSTIFICATION DU TIRAGE :
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La littérature russe qui, depuis un demi-siècle, abonde en trouvailles heureuses, vient encore de manifester sa merveilleuse puissance d’innovation. Un vagabond, Maxime Gorki, dénué de toute préparation systématique, a soudainement fait irruption dans les genres consacrés, y apportant la spontanéité toute fraîche de sa pensée et de son caractère. Rien d’aussi spécial ni d’aussi neuf ne s’était révélé depuis les premiers romans de Tolstoï. Cette œuvre ne doit rien à ce qui l’a précédée ; elle apparaît comme un prodige exceptionnel. Aussi n’obtient-elle pas seulement un succès d’art ; elle produit une véritable révolution.
Gorki est né de très humbles gens, à Nijni-Novgorod, en 1868 ou 1869, — il ne sait pas au juste — et, de bonne heure, fut orphelin. On le mit en apprentissage auprès d’un cordonnier, mais il se sauva, la vie sédentaire n’étant pas de son goût. Il s’esquiva pareillement de chez un graveur, puis entra chez un peintre d’icones. Nous le trouvons ensuite marmiton, puis aide jardinier. Il essaya la vie de toutes ces manières, et ne se plut à nulle d’elles. A peine avait-il eu le temps, jusqu’à sa quinzième année, d’apprendre un peu à lire sous la direction d’un grand-père qui lui faisait épeler une bible en vieux-slavon. Il ne garda de ces premières études que le dégoût de l’écriture imprimée, jusqu’au moment où, gâte-sauce à bord d’un vapeur, il fut initié par le cuisinier-chef à des lectures plus attrayantes. Gogol, Glèbe Ouspenski, Dumas père lui furent un enchantement. Son imagination s’exalte alors ; il est pris du « désir féroce » de s’instruire. Le voilà parti pour Kazan, « comme si un enfant pauvre pouvait recevoir gratuitement de l’instruction », mais il s’aperçoit bientôt « que ce n’est pas dans les usages ». Déçu, il s’établit garçon boulanger, à raison de trois roubles par mois. Au milieu des pires fatigues et des plus rudes privations, il se rappela toujours avec une particulière amertume la boulangerie de Kazan ; il utilisa plus tard, dans une de ses nouvelles, ce douloureux souvenir : « La cuisine était dans un sous-sol voûté. Il y avait peu de lumière, peu d’espace, mais beaucoup d’humidité, de saleté, de poussière de farine. Dans le four brûlaient de longues bûches, et la flamme, reflétée sur le mur gris, s’agitait et tremblait comme si elle parlait tout bas. L’odeur du levain imprégnait l’atmosphère. La lumière du jour et celle du feu, mêlées, donnaient un éclairage indécis et fatigant pour les yeux. »

Maxime Gorki
О книге

Язык

Французский

Год издания

2025-02-17

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