Le loup blanc
This Etext was prepared by Ebooks libres et gratuits and
is available at http://www.ebooksgratuits.com in Word format, Mobipocket Reader format, eReader format and Acrobat Reader format.
Paul Féval (père)
(1843)
Table des matières
I La chanson II Le coffret de fer III Le dépôt IV La Fosse-aux-Loups V Le creux d'un chêne VI Le voyage VII La forêt de Villers-Cotterets VIII Tutelle IX L'étang de La Tremlays X La veillée XI Fleur-des-Genêts XII Dans la forêt XIII Le capitaine Didier XIV Où le Loup Blanc montre le bout de son museau XV Portraits XVI Le conseil privé de M. de Vaunoy XVII Visite matinale XVIII Rêves XIX Sous la charmille XX Avant et après le déjeuner XXI Mademoiselle de Vaunoy XXII Deux bons serviteurs XXIII Voyage de Jude Leker XXIV La loge XXV Huit hommes et un collecteur XXVI Un accès de haut mal XXVII La première béchamelle XXVIII Chez les Loups XXIX Avant la lutte XXX Quatre contre un XXXI Alix et Marie XXXII La chambrette XXXIII Le tribunal des Loups XXXIV Jean Blanc
I La chanson
Il n'y a pas encore bien longtemps, le voyageur qui allait de Paris à Brest, de la capitale du royaume à la première de nos cités maritimes, s'endormait et s'éveillait deux fois, bercé par les cahots de la diligence, avant d'apercevoir les maigres moissons, les pommiers trapus et les chênes ébranlés de la pauvre Bretagne. Il s'éveillait la première fois dans les fertiles plaines du Perche, tout près de la Beauce, ce paradis des négociants en farine: il se rendormait poursuivi par l'aigrelet parfum du cidre de l'Orne et par le patois nasillard des naturels de la Basse-Normandie. Le lendemain matin, le paysage avait changé; c'était Vitré, la gothique momie, qui penche ses maisons noires et les ruines chevelues de son château sur la pente raide de sa colline; c'était l'échiquier de prairies plantées çà et là de saules et d'oseraies où la Vilaine plie et replie en mille détours son étroit ruban d'azur. Le ciel, bleu la veille, était devenu gris; l'horizon avait perdu son ampleur, l'air avait pris une saveur humide. Au loin, sur la droite, derrière une série de monticules arides et couverts de genêts, on apercevait une ligne noire. C'était la forêt de Rennes.