Influence morale des sports athlétiques / Discours Prononcé au Congrès Olympique du Havre, Le 29 Juillet 1897.
Ce discours, recueilli par la sténographie, a été prononcé dans la réunion plénière du Congrès olympique international, dans l'hôtel de ville du Havre.
Siègent au bureau, à côté de M. de Coubertin, président, M. le docteur Tissié, représentant M. le Ministre de l'Instruction publique, et M. Cathala, sous-préfet du Havre, etc., etc.
M. le Président .—Mesdames, Messieurs, le sujet qui doit être traité dans cette séance est celui-ci:
De l'action morale des exercices physiques sur l'enfant, sur l'adolescent et de l'influence de l'effort sur la formation du caractère et le développement de la personnalité.
C'est le R.P. Didon qui veut bien traiter ce sujet. Je lui donne la parole. ( Vifs applaudissements.—Mouvement d'attention. )
MESDAMES,
MESSIEURS,
C'est un grand honneur pour moi d'avoir été convié à ce Congrès olympique international et de prendre la parole dans une assemblée aussi distinguée, en présence des autorités de ce pays, du représentant officiel de M. le Ministre de l'Instruction publique, des hommes éminents qui s'occupent de l'éducation physique de la jeunesse, et des savants étrangers venus de divers pays, je puis dire de tous les pays, pour apporter à la cause des sports athlétiques le témoignage de leur expérience, de leur science parfaite et la consécration de leur autorité.
Il ne m'appartient pas de vous remercier, Messieurs, c'est là oeuvre présidentielle,—et je ne suis ici qu'un humble membre de cette réunion. Mais il m'appartient de me réjouir de me trouver pour la première fois, je le crois, à côté de l'autorité officielle du pays et à côté des représentants français et étrangers de la science de l'éducation physique dont les progrès sont inhérents à la civilisation même; car la plus haute tâche de la civilisation ne consiste-t-elle pas à former l'homme tout entier, intellectuel et physique et moral? ( Applaudissements. )
Je dois dire que c'est l'amitié de M. de Coubertin qui est l'explication de ma présence ici. Il a pensé qu'ayant été, depuis plusieurs années, administrateur délégué de la Société anonyme Albert-le-Grand et, en cette qualité, appelé à gouverner plusieurs écoles, à leur inspirer le mouvement, je pourrais donner, moi aussi, par mon témoignage, un concours utile à l'oeuvre à laquelle il s'est appliqué si vaillamment, si intelligemment, et avec une persévérance digne de tout éloge. Et vous ne me démentirez pas, Mesdames et Messieurs, quand je dirai qu'il faut reconnaître en M. de Coubertin le rénovateur, le promoteur vigoureux, infatigable, des exercices de plein air et des sports athlétiques, en France. ( Vifs applaudissements .)