Voyage aux montagnes Rocheuses / Chez les tribus indiennes du vaste territoire de l'Orégon dépendant des Etats-Unis d'Amérique
LE R. P. DE SMET.
chez les tribus indiennes du vaste territoire de l’Orégon dépendant des Etats-Unis d’Amérique.
VOYAGES AUX MONTAGNES ROCHEUSES In-8º. 2ᵉ série. A LA MÊME LIBRAIRIE Envoi franco contre timbres-poste joints à la demande.
chez les tribus indiennes du vaste territoire de l’Orégon dépendant des Etats-Unis d’Amérique. PAR LE R. P. DE SMET SIXIÈME ÉDITION LIBRAIRIE DE J. LEFORT IMPRIMEUR ÉDITEUR
1875 Propriété et droit de traduction réservés.
Nous offrons cet intéressant récit aux amis de la patrie et de leurs concitoyens, avec l’espoir, disons mieux, avec la certitude que la lecture qu’ils en feront leur fera goûter le plaisir le plus pur. Rarement avons-nous rencontré quelque chose de plus attrayant. L’éloquence simple et virile qui le caractérise ravit l’attention du lecteur. Les faits que l’auteur rapporte sur les régions les plus reculées de l’Occident, les mœurs et les usages des tribus indiennes qui errent dans l’immense territoire de l’Orégon, leur état et leurs dispositions actuelles, leurs vues pour l’avenir, sont des sujets qui ne peuvent manquer d’inspirer de l’intérêt à quiconque aime de porter ses regards au delà de l’étroit horizon des scènes journalières, et d’apprendre ce que les pieux serviteurs de Dieu font pour sa gloire et son nom dans les contrées les plus lointaines. Nous avons eu un entretien avec l’homme apostolique de la plume duquel nous tenons ces récits; et en l’écoutant, nous avons éprouvé tout à la fois le sentiment d’un noble orgueil et d’une joie pure, dans la pensée qu’il nous retraçait en sa personne ce généreux esprit de dévouement et ces scènes animées de la vie et des aventures indiennes, si admirables dans les pages des Charlevoix et des Bancroft.
Notre pays est réellement plein d’intérêt pour ceux qui suivent la marche de ses progrès et qui les comparent avec le passé. Qui aurait jamais songé, par exemple, que l’Iroquois, le sauvage Mohawk (nom sous lequel nous connaissons mieux cette peuplade), lui dont les hurlements terribles ont tant de fois fait tressaillir d’effroi nos ancêtres, que ce même Iroquois eût été choisi pour allumer le premier les faibles étincelles de la civilisation et du christianisme parmi une grande partie des tribus indiennes d’au delà des Montagnes Rocheuses? Plusieurs de ces peuplades ont actuellement soif des eaux salutaires de la vie; elles aspirent après le jour où la vénérable Robe-noire paraîtra au milieu d’elles; elles envoient même à des milliers de lieues de distance des messagers pour en hâter l’arrivée. Une telle ardeur pour la sainte vérité, tout en faisant honte à notre froide piété, devrait enflammer nos cœurs et nous porter à souhaiter du moins qu’il y ait des ouvriers suffisants pour cette vigne immense. Elle devrait nous ouvrir à tous la main pour aider les hommes pieux qui, après avoir abandonné famille, amis, patrie, vont s’ensevelir dans les déserts avec leurs chers Indiens, afin de vivre pour eux et avec Dieu.