Les derniers Hommes Rouges: Roman d'aventures
Roman d’aventures PAR PIERRE MAËL
PARIS LIBRAIRIE DE FIRMIN-DIDOT ET C IE IMPRIMEURS DE L’INSTITUT, RUE JACOB, 56
1895
DU MÊME AUTEUR
POUR PARAITRE PROCHAINEMENT
EN PRÉPARATION
Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous les pays, y compris la Suède et la Norvège.
TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT ET C ie . — MESNIL (EURE).
A ERNEST FLAMMARION
LES DERNIERS HOMMES ROUGES
La plaine immense s’étendait, bordée au nord, au sud et à l’ouest par un rideau de verdure. Nulle route n’y pouvait guider les pas des voyageurs, car on ne pouvait donner le nom de route à l’espèce de sentier tracé à travers la prairie par les pieds des hommes et les sabots des chevaux. Au-dessus des têtes, le ciel d’un bleu intense gardait le rayonnement des derniers beaux jours de l’été. Sur la parure encore intacte des arbres de l’année vieillissante mettait des taches d’ocre et de safran. Les approches de l’automne se laissaient deviner.
Deux cavaliers suivaient au pas le sentier. Leurs montures auraient, en tout pays, attiré l’attention des connaisseurs. C’étaient d’admirables bêtes au poil fin, l’un gris pommelé, l’autre alezan, aux têtes d’une pureté de lignes rappelant le cheval arabe, auquel les deux superbes animaux ne le cédaient ni en vigueur, ni en élégance.