L'Anti-Justine; ou, Les Delices de l'amour
Produced by Daniel Fromont
A classic French erotic novel of the 18th century
Orthographe de l'édition 1798 conservée
Il n'y a pas de chapitre 29; il y a deux chapitres 31.]
Par M. LINGUET, Av. au et en Parlem.
Avec LX Figures.
Chez feue la Veuve GIROUARD, très-connue.
1798.
Quelle Excuse peut se donner à lui-même, l'Homme qui publie Un Ouvrage, tel que celui qu'On va lire? J'en ai cent, pour Une. Un Auteur doit avoir pour lui le bonheur de ses Lecteurs.. Il n'est rién qui contribue autant au bonheur, qu'Une lecture agréable. Fontenelle disait: Il n'est point de chagrin qui tiénne contre une heure de lecture . Or, de toutes les lectures la plüs entraînante, est celle des Ouvrages Erotiques, surtout lorsqu'ils sont acompagnés de Figures expressives. Blâsé sur les Femmes depuis longtemps, la JUSTINE de Dsds me tomba sous la main. Elle me mit en feu; je voulus jouir, ét ce fut avec fureur: je mordis les seins de ma Monture; je lui tordis la chair des bras… Honteux de ces excès, effets de ma lecture, je me fis moi-même un Erotikon savoureux, mais nón cruel, qui m'excita au point de me faire enfiler une Bossue-Bancroche, haute de 2 piéds. Prenéz, liséz, ét vous en feréz autant.
Persone n'a été plus indigné que moi des sales Ouvrages de l'infame DsDs; c'est-à-dire, de Justine, Aline, le Boudoir, la Theorie du Libertinage, que je lis dans ma prison.. Ce Scelerat ne présente les delices de l'amour, pour les Hommes, qu'accompagnées de tourmens, de la mort même, pour les Femmes. Mon but est de faire un Livre plus savoureux que les siéns, et que les Epouses pourront faire lire à leurs Maris, pour en être mieux servies; un Livre où les sens parleront au coeur; où le Libertinage n'ait rien de cruel pour le Sexe des Graces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort; où l'amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. On adorera les Femmes, en le lisant; on les chérira, en les enconnant: mais l'on en abhorra davantage le Vivodissequeur, le même qui fut tiré de la Bastille avec une Longue Barbe blanche le 14 juillet 1789. Puisse l'Ouvrage enchanteur que je publie, faire tomber les siéns!