Colas Breugnon: Récit bourguignon

Récit bourguignon
ALBIN MICHEL
1919
Patron de Clamecy
Saint Martin boit le bon vin Et laisse l’eau courre au molin. (Proverbe du XVI e siècle.)
Ce livre était entièrement imprimé, prêt à paraître avant la guerre, et je n’y change rien. La sanglante épopée dont les petits-fils de Colas Breugnon viennent d’être les héros et les victimes s’est chargée de prouver au monde que «Bonhomme vit encore».
Et les peuples d’Europe glorieux et moulus, en se frottant les côtes, trouveront, je crois, quelque bon sens dans les réflexions que fait un «agneau de chez nous, entre le loup et le berger».
R. R.
Novembre 1918.
Les lecteurs de Jean-Christophe ne s’attendent sûrement point à ce livre nouveau. Il ne les surprendra pas plus que moi.
Je préparais d’autres œuvres, — un drame et un roman sur des sujets contemporains et dans l’atmosphère un peu tragique de Jean-Christophe. Il m’a fallu brusquement laisser toutes les notes prises, les scènes préparées pour cette œuvre insouciante, à laquelle je ne songeais point, le jour d’avant...
Elle est une réaction contre la contrainte de dix ans dans l’armure de Jean-Christophe, qui, d’abord faite à ma mesure, avait fini par me devenir trop étroite. J’ai senti un besoin invincible de libre gaieté gauloise, oui, jusqu’à l’irrévérence. En même temps, un retour au sol natal, que je n’avais pas revu depuis ma jeunesse, m’a fait reprendre contact avec ma terre de Bourgogne nivernaise, a réveillé en moi un passé que je croyais endormi pour toujours, tous les Colas Breugnon que je porte en ma peau. Il m’a fallu parler pour eux. Ces sacrés bavards n’avaient pas encore assez parlé, de leur vivant! Ils ont profité de ce qu’un de leurs petits-fils avait l’heureux privilège d’écrire (ils l’ont souvent envié!) pour me prendre comme secrétaire. J’ai eu beau me défendre:

Romain Rolland
О книге

Язык

Французский

Год издания

2009-01-20

Темы

French fiction -- 20th century

Reload 🗙