Les poésies de Sapho de Lesbos
Paris—Typographie de Firmin Didot frères, rue Jacob, 56.
PAR M. REDAREZ-SAINT-REMY, MEMBRE DE LA LÉGION D'HONNEUR.
PARIS, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C IE , RUE PIERRE SARRAZIN, 14; ET CHEZ L'AUTEUR, RUE RICHER, 45.
1852.
A la muse de Mitylène Qui ne sourirait en ce jour? C'est une adorable sirène, Digne de votre amour.
Sapho n'est plus cette insensée Qui, sans espoir, fuyant Lesbos, Pour guérir son âme blessée Se jette dans les flots.
Et son portrait, indigne fable, Est l'œuvre d'un esprit jaloux; Cœur sans fard, elle était aimable Et belle comme vous.
Sur elle en vain la calomnie Verse ses poisons odieux; C'est une femme de génie, Et la fille des dieux!
Fier, un grand peuple, dans l'ivresse, L'élève au rang des immortels, Et l'encens, dans toute la Grèce, Brûle sur ses autels.
Elle aima d'un amour sublime, Elle aima comme un noble cœur; Aimer ainsi, loin d'être un crime, Pour elle est un honneur.
Seule, l'amitié vive et tendre Exalta son âme de feu... Faut-il, hélas! pour la comprendre, Être inspiré d'un dieu?
Ah! si Sapho, brisant sa chaîne, Revenait du séjour des morts, Sa lyre, pour vous, de la Seine Viendrait charmer les bords.